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 Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire

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Gekei Ao
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MessageSujet: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptySam 7 Mai 2016 - 18:25

Les vents frais des montagnes balayaient Itabei. La ville entière était recouverte par ce voile aérien ; et malgré la saison, le fond de l'air était assez frais. Quelques rayons de soleil perçaient à travers la chape de nuages gris qui s'était formée dans le ciel. L'atmosphère était lourde, pesante. Un orage se préparait, ça ne faisait aucun doute. Il régnait cette même sensation qui prépare toujours l'arrivée des tempêtes. Le danger approche, sans qu'on sache quand il va vraiment frapper.

Perché au sommet de la Tour du Shuhan, Seito observait sa ville en silence. De là, il pouvait voir aussi bien le sol que le ciel, puisqu'aucun toit ne lui bouchait la vue, depuis ce nid-d'aigle. Il pensait aux conséquences que pouvaient avoir une tempête sur les rizières, principale activité agricole de la région. Il faudrait apporter un soutien conséquent aux exploitants, que ce soit avant ou après l'orage. Les cultures allaient être endommagées, ça ne faisait pas de doute. La véritable question était plutôt de savoir à quel point elles le seraient. Seito craignait que la météo ne provoque une pénurie alimentaire à Itabei. Certes, la ville n'était pas entièrement autonome en matière d'alimentation de ses greniers -elle bénéficiait du soutien d'autres pôles de Taki pour assurer un ravitaillement varié et constant, au même titre qu'elle envoyait elle-même une partie des récoltes en direction des autres villes du pays. Cependant, la perte d'une partie des récoltes à venir pouvait avoir des conséquences sur le moral de la population, et par conséquent sur l'autorité de Seito. Que penseraient les habitants quand ils verraient que celui qui leur avait promis l'essor de leur ville n'était pas capable de maintenir un approvisionnement suffisant ? Il soupira. Même la nature semblait chercher à le mettre en difficulté. Enfin, il fallait surmonter les problèmes les uns après les autres.

Il se retourna, et trouva ses deux conseillers qui l'attendaient.

"Bonjour. Descendons, l'orage menace."

Il passa entre eux, et descendit l'escalier en colimaçon qui reliait son bureau au sommet de la tour. Il s'assit dans son fauteuil seigneurial, et invita ses deux acolytes à faire de même.

"Bon. Il est temps de se mettre au travail, vous ne croyez pas ? On a une liste assez conséquente de gros projets à mener à terme. On va s'y attaquer, mais avant ça, parlons du plus urgent. Le temps est menaçant, on peut s'attendre à une tempête. Il faut prévoir l'impact qu'elle aura sur les cultures."

Il se tourna vers Itaku Michibiku, son conseiller le plus jeune mais aussi le plus sévère.

"Itaku, vous gérez une partie des exploitants des environs. Vous savez mieux que moi les mesures qu'il faut prendre dans une telle situation.

-Le cas est commun dans la région, en effet. Pour ma part, j'ai l'habitude de commander aux hommes de ma maison d'entourer les rizières de sacs de sable, pour éviter tout débordement des eaux. L'inondation est le principal problème qu'il faut éviter. Qu'il s'agisse des ruisseaux ou des rivières, il vaut mieux barricader les cours d'eau. C'est comme ça que ma famille a toujours procédé face à une tempête ou un typhon.

-Très bien."

Il saisit un papier vierge, une plume, et inscrivit à l'encre bleue un message sur le parchemin. Il le roula ensuite, et fit tinter une clochette placée sur son bureau. Quelques secondes plus tard, un messager était dans le bureau.

"Apportez ce papier aux gardes de la ville."

Le messager saisit le rouleau, et disparut. Sous le regard interrogateur de ses deux conseillers, Seito s'expliqua:

"J'ai ordonné que deux hommes soient détachés pour porter assistance à chaque ferme sous la juridiction de la ville. Ils seront tenus de les aider avant et après la tempête.

-Si je puis me permettre, vous réduisez fortement les défenses de la ville en agissant ainsi."

C'était Gen, le plus âgé des deux conseillers, qui avait parlé.

"Itabei ne craint aucune attaque. Le seul danger qui nous menace, mis à part la météo, serait un attentat. Et contre ça, peut importe le nombre de soldats dont nous disposons. D'autant plus qu'ils ne sont pas bien entraînés. Pas assez, en tous cas, pour pouvoir repousser un kamikaze comme celui qui s'est attaqué au Shozaichi l'année passée. Je ne pense pas qu'on soit en grand danger pour l'instant. Espérons simplement que la situation internationale se stabilisera vite. C'est le mieux qu'on puisse espérer pour Taki, un pays frontalier."

En effet, le Pays des Cascades était en première ligne en cas d'une offensive de de Kumo.

"Si on veut pouvoir se défendre correctement, il faut des hommes entraînés. On en vient au projet prioritaire, qui m'a été communiqué par le Seigneur de Guerre. Il souhaite faire d'Itabei un point stratégique de commandement militaire pour Taki. Ca passerait par la construction d'un centre de commandement et d'une caserne, pour y loger et y entraîner des soldats, et par l'instauration d'un service militaire obligatoire."

Seito guetta les réactions de ses conseillers. Aucune contestation virulente ne se fit entendre. C'était bon signe. Cependant, comprenant que le silence attendait d'eux une réponse, les deux conseillers se mirent en branle. Gen prit le premier la parole.

"L'idée est bonne en effet. Très peu de nos jeunes pousses songent à embrasser la carrière militaire. Le travail aux champs occupe trop leurs journées pour qu'ils puissent penser à s'en détourner. Peut être qu'ainsi on pourrait leur ouvrir l'esprit sur de nouvelles débouchées. Et si la protection de la ville peut s'en trouver en plus augmentée, ma foi ...

-Oui, je suis d'accord sur ce point. Cependant, il faut prendre en compte l'activité agricole des jeunes. On parle ici d'un public de dix-sept ou dix-huit ans, je me trompe ?

-Non, c'est à peu près la tranche d'âge qu'il faudrait essayer de viser.

-Hum ... A cet âge-là, les enfants aident leurs parents aux champs. Ils sont une main-d'oeuvre précieuse. Comment compenser la perte de cet outil ?

-J'y ai pensé, et j'en ai parlé avec Van. D'un commun accord, nous avons décidé qu'une aide financière serait versée aux familles en fonction du nombre d'enfants envoyé au service militaire, et ceux durant toute la durée du service. Ca ne remplace pas la main-d'oeuvre, mais ça leur permet d'en payer une, voir d'investir dans de nouveaux terrains ou de nouveaux outils à proprement parler.

-L'idée est bonne. Je pense que les riziculteurs ne devraient pas exprimer trop de réticence avec une telle compensation.

-Quelle serait la matière du service ?

-Le principe serait d'initier les jeunes de la ville aux arts de la guerre, que ce soient les arts ninjas ou la stratégie militaire. Il faut leur donner une idée de ce à quoi ils pourraient s'attendre en servant dans l'armée du Shûkai. Des professeurs triés sur le volet leur dispenseraient des cours théoriques et des exercices physiques. Le service se conclurait par une mise en pratique des connaissances emmagasinées tout au long des six mois d'entraînement.

-Il durerait donc six mois ?

-Oui. Voilà la première idée que j'ai eue. Elle est ouverte à d'autres propositions et à des modifications. Qu'en pensez-vous ?"

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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyDim 8 Mai 2016 - 18:20

"Vous espérez donner envie aux jeunes d'ici de rejoindre l'armée du Shûkai avec un programme comme celui-là ?

-J'y compte bien, oui. Ou en tous cas, les rendre aptes à se défendre en cas d'attaque. Il s'agit ici de former la population, qu'elle soit masculine ou féminine, de faire d'eux des personnes responsables et capables de réagir face à n'importe quelle situation ayant trait de près ou de loin à la guerre. Ils pourront repousser des attaques, ou en tous cas contribuer à l'effort de l'armée professionnelle. C'est, en quelque sorte, une façon de protéger le territoire.

-Et vous n'avez pas peur que les jeunes qui sortiront du service militaire utilisent ce qu'ils auront appris à mauvais escient ?"

Seito ne répondit pas de suite. Il n'avait pas considéré cette question. Il s'appuya contre le dossier de son siège, et caressa lentement son menton, pensif. Au bout d'un moment d'un silence prolongé, il reprit la parole:

"C'est une éventualité qu'il est impossible d'écarter. Au même titre qu'on ne peut pas être sûrs et certains de dissoudre complètement la criminalité, on ne peut pas supprimer cette variable de l'équation. Forcément, certains utiliseront les arts de la guerre dans un mauvais dessein. Mais ils seront alors considérés comme criminels, et leurs agissements seront considérés comme une agression envers un autre habitant d'Itabei. En outre, ils recevront le même jugement qu'un autre délinquant de cette espèce. J'ose espérer qu'on saura éviter ce genre de situation au maximum, et que les enseignements que nous dispenserons à nos jeunes pousses sauront les responsabiliser. Mais, comme je l'ai dit, le risque zéro n'existe pas. Après, il revient à la milice de faire régner l'ordre intra-muros."

Un moment de flottement.

"Et où logerons-nous les jeunes en service militaire ? Où recevront-ils les enseignements de leurs professeurs ?

-L'idéal serait une caserne. Il n'y en n'a pas, à Itabei, pas encore du moins. Pour commencer, on va donc devoir faire sans. Des idées ?

-Il y a peut être la solution de l'ancien dojo."

Seito invita Gen à poursuivre.

"C'est un bâtiment assez grand, qui avait été construit le long des murailles de la ville, il y a quelques années. Malheureusement pour son propriétaire, il n'a pas fait fortune. Avant de quitter Itabei pour aller faire fortune ailleurs, il a laissé le dojo en héritage à la ville. Il est à notre disposition, donc. Il dispose de nombreuses salles, qui peuvent être utilisées autant pour l'entraînement que pour l'étude, et d'un assez grand jardin. Après un coup de balai, il devrait être tout à fait apte à accueillir des élèves.

-Parfait. Et concernant les logements ? On ne peut pas se permettre de laisser les jeunes rentrer chez eux chaque soir. Il faut qu'ils s'habituent à l'éloignement des leurs, même s'il n'est pas grand. Dans le pire des cas, j'imagine qu'on peut toujours installer un campement dans le jardin du dojo, mais si l'un de vous a une meilleure idée ..."

Les deux conseillers eurent beau se triturer les méninges, ils ne trouvèrent aucun lieu propice à l'hébergement d'élèves en service militaire.

"Bon. Va pour le camping, dans ce cas.

-Excusez moi, vous avez tout à l'heure dit qu'il n'y avait pas encore de caserne à Itabei. Qu'est-ce que vous vouliez dire ?

-J'ai bien l'intention d'en faire construire une, et ce dans les plus brefs délais. Il est impératif que nous nous munissions d'un matériel adéquat si nous voulons parvenir à de bons résultats.

-Mais où voulez-vous la faire construire ? Il n'y a certainement pas la place en ville.

-C'est vrai. Mais il serait idiot de planter un bâtiment militaire à l'intérieur même de la ville. ce serait une entrave à la circulation des troupes. Non, je pensais plutôt à faire bâtir cette caserne à l'extérieur des remparts. Mais c'est un autre débat, et nous n'avons pas fini de parler du service militaire. Faisons un point sur la situation, voulez-vous ?"

Il ouvrit un tiroir de son bureau, et en sortit une feuille vierge. Il trempa sa plume dans un encrier, et écrivit tout en parlant.

"Le service militaire concernera les habitants de Taki no Kuni sous la juridiction d'Itabei âgés de dix-sept à dix-neuf ans. Il durera six mois, pendant lesquels les recrues seront placées sous la responsabilité de la ville, et séparées de leurs familles. En guise de compensation, une indemnité pécuniaire sera versée aux familles ayant donné un ou plusieurs de leurs enfants au service militaire. Pendant toute la durée de leur service, les concernés seront logés dans l'ancien dojo d'Itabei, dans un premier temps, puis dans des locaux plus aptes à les recevoir. Là, ils recevront des enseignements théoriques sur l'art de la guerre, c'est à dire des leçons de stratégie, de théorie du chakra, de l'Histoire de leur pays ...

-Un instant. De l'Histoire ? Pourquoi faire ?

-Il me semble que c'est une matière essentielle pour la fédération des jeunes esprits. Ils doivent savoir comment est né le Shûkai, et quels sont ses idéaux, autant que ceux des autres nations. Je ne reculerai pas sur ce point, il est trop important à mes yeux pour être négligé. Je reprends ... Ils recevront donc des enseignements théoriques ainsi que pratique. Le but de ce service militaire est d'initier les recrues aux arts du combat, qu'il s'agisse des techniques ninjas ou des techniques plus "classiques". Au terme de cette période de six mois, les élèves seront soumis à une simulation grandeur nature, sous l'observation du Shuhan d'Itabei ou de toute autre personne désignée par ce dernier, afin de vérifier quel profit ils auront tiré de cette expérience. Ceci fait, ils recevront un certificat attestant qu'ils ont bien effectué leur service militaire, et il leur sera offert la possibilité de rejoindre les rangs de l'armée impériale."

Seito parapha le document d'un point final, et le relut rapidement.

"Je propose qu'on garde ce texte comme une sorte de constitution concernant le service militaire, pour l'instant. Il est encore susceptible d'être modifié, gardez-le à l'esprit. Si l'un d'entre nous vient à avoir une idée qui pourrait se révéler intéressante pour compléter ce document, il est invité à en faire part aux deux autres."

Les deux conseillers acquiescèrent d'un signe de tête. La chose était entendue.

"Bon. Reste à mettre ça en pratique, maintenant."

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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyDim 22 Mai 2016 - 19:25

Seito finit de griffonner quelque chose sur une feuille de papier, et fit à nouveau tinter la clochette posée sur son bureau. Une fraction de secondes plus tard, un messager, différent du précédent, apparut dans le bureau. Seito lui tendit le papier tout en lui fournissant quelques explications:

"J'ai mis sur ce papier des instructions d'impression d'une série d'affiches. Apportez-le à imprimer, et quand ce sera fait déléguez une patrouille pour placer ces affiches dans toute la ville. Il s'agit de l'établissement d'un service militaire à Itabei."

Le messager prit le document, et disparut aussi sec.

Seito avait jugé bon de le tenir au courant des projets qu'il venait de fignoler avec ses deux conseillers. Après tout, la nouvelle devait se répandre autant par voie orale qu'écrite. Même s'il était tenu à une certaine forme de silence de par sa profession, le messager ne manquerait sans doute pas de partager ne serait-ce que cette information à ses collègues, si ce n'est à ses proches. En gros, Seito comptait bien sur les rumeurs pour propager la nouvelle de la mise en place du service militaire. Il fallait autant que possible qu'elle ne soit pas brutale, mais au contraire qu'elle ait le temps d'être acceptée par les habitants. Le programme ne pouvait que mieux se passer ainsi.

"Bon, je propose qu'on aille jeter un coup d'oeil à ce dojo dont vous me parliez. Simple précaution, je veux m'assurer qu'il corresponde bien à mes attentes. Ensuite, nous rédigerons une annonce à diffuser dans tout le Shûkai.

-Pour quelle raison ?

-Eh bien, nous allons avoir besoin de professeurs.

-Ne devrions-nous pas privilégier des habitants d'Itabei ?

-Si, bien sûr. Si jamais il y a foule, nous donnerons en priorité des postes aux nôtres. Mais je crains qu'on ne manque de candidats ..."

Les trois hommes eurent un même regard entendu. Ils avaient la tête sur les épaules, et connaissaient les capacités de la milice de la ville, seul corps armé capable d'assurer l'éducation militaire de jeunes gens. S'ils voulaient fournir un enseignement de qualité, mieux valait ne pas trop compter sur ceux-là. Même s'ils feraient sans doute preuve de bonne volonté, ils ne seraient pas assez performants, au goût de Seito. Il s'agissait, après tout, de faire reconnaître Itabei comme une ville véritablement importante pour l'Empire.

Itabei n'était pas si grande, et le trio eut vite fait d'arriver devant le dojo. Sur leur chemin, cependant, Seito n'avait pu s'empêcher d'observer l'attitude des riverains qu'ils croisaient. Tous s'inclinaient évidemment respectueusement sur leur passage. Cependant, leur visage ne semblait pas traduire la même soumissions que leur attitude. Certains, la plupart, jetaient à Seito un regard suspect, comme s'il était un individu dangereux, ou en tous cas nimbé de mystères. Il est vrai qu'il n'avait pas fait étalage de son passé devant sa communauté. Mais devait-il en arriver à une telle mise à nu pour s'attirer la confiance, sinon la sympathie de son peuple ? Il ne s'y résolvait pas. Il préférait agir en faveur de ces gens, qui avaient tant besoin d'aide, plutôt que de chercher désespérément à s'en faire des amis. Ils sauraient, sans doute, reconnaître une forme de valeur quand ils verraient le fruit des actions qu'il prévoyait de mettre en place.

Le dojo était un bâtiment imposant. Bâti le long du mur d'enceinte de la ville, il s'élevait sur une bonne dizaine de mètres en hauteur. Du plus pur style d'Itabei, il se fondait parfaitement dans la masse des autres bâtisses, si ce n'est que sa taille le faisait passer pour un monument singulier. Quelque peu décrépie, la façade témoignait bien de l'abandon auquel avait été laissé le bâtiment, comme l'avaient évoqué Gen et Itaku. L'intérieur ne fit que confirmer cette impression. Le bâtiment était divisé en nombreuses salles, dont certaines pouvaient tout à fait servir de dortoirs ou de salles d'entraînement, mais toutes ou presque allaient demander une rénovation. Les murs et les tatamis étaient rongés par la moisissure. Certains fenêtres avaient des carreaux cassés, et les plafonds menaçaient de s'écrouler dans certaines pièces.

La cour intérieur, elle, ressemblait plus à un champ en friche qu'à un véritable jardin. Elle offrait cependant une certaine surface, qui pourrait être utilisée pour des exercices en extérieur ou dans l'éventualité de faire dormir les apprentis à la belle étoile.

"Bon, avec un bon ménage et une remise à neuf dans certains coins, ce sera parfait. On pourrait même peut être loger tout le monde en intérieur. Ce serait vraiment bien."

Il tourna son regard sur la cour en friche, et savoura ce moment de silence et de répit. Une légère brise faisait plier les herbes hautes. Le ciel noir, plus menaçant que jamais, faisait planer une atmosphère d'apocalypse sur la ville. L'air était lourd.

"J'ai vraiment à coeur de réaliser ce projet. Il permettra à Itabei de prendre une importance sur le plan national, et peut être même impérial. En tous cas, ce sera la point de départ d'autres programmes, qui ne pourront que mener à une amélioration de la ville. Vous êtes avec moi ?"

Il avait dit cette dernière phrase avec le plus de sincérité et d'innocence possible.

"Mon seigneur, je vis à Itabei depuis sa création. J'ai vu les gens affluer dans cette ville, et en partir dans les moments critiques. Aujourd'hui, Itabei fait face à la plus grande crise qu'elle ait jamais connu. La question n'est pas de jeter la faute sur qui que ce soit. Nous n'avons pas besoin d'un coupable, à l'heure actuelle, mais bien d'un guérisseur, d'un docteur. Vous vous êtes présenté. Vous souhaitez relever cette ville. Vous avez toute ma confiance et mon soutien."

Seito sourit à Gen. Il le savait attaché à Itabei, et il tendait à apporter de la valeur au jugement des anciens.

"Vous savez, j'ai eu l'occasion d'observer les paysans d'ici pendant toute ma vie. Ils travaillent d'arrache-pied toute la journée, toute l'année. J'en récolte quelque profit, c'est vrai, mais ce n'est pas pour autant que je les méprise. Au contraire, je veille sur eux, je leur apporte le soutien dont ils ont besoin et je les protège. Vous avez eu le même regard et les mêmes intentions à l'égard de notre peuple que moi. Pour ça, je vous reconnais pleinement capable de nous tirer de ce mauvais pas. Ce ne sera pas facile, mais vous avez notre appui, à tous les deux."

Un silence passa. Un silence chargé de l'électricité de l'ambition et de la motivation.

"Bien ! On n'a pas fini. Il nous reste des professeurs à trouver. Retournons à la Tour, nous verrons ça là-bas."

Une heure plus tard, ils étaient de nouveau installés de part et d'autre du bureau seigneurial. Sur leur chemin, ils n'avaient pas manqué de mettre les citoyens qu'ils avaient croisés au courant de leur projet, ni de leur faire part de leur quête d'éducateurs. Ils n'avaient certes pas obtenu de réponses positives, mais au moins le message serait transmis.

"Je pense qu'ouvrir nos recherches à tout l'Empire ne serait pas du luxe. Je vais rédiger une requête que je ferai envoyer au Temple Ao, mais aussi à Tori, Kusa, Yuki, Mizu et au Shozaichi. Quitte à faire un tri, je préfère avoir trop d'offres que pas assez. Mais d'abord ..."

Une fois de plus, clochette sonna et messager arriva.

"Je veux que vous rassembliez un contingent d'artisans pour remettre en état l'ancien dojo en bordure de la ville. Les travaux doivent commencer demain. Il faut que d'ici la fin du mois, on puisse accueillir des gens dans ce bâtiment, entendu ?"

Le messager acquiesça, et disparut.

"Bon, maintenant cette dépêche ..."

Il trempa sa plume dans son encrier, et écrivit quelques lignes d'une belle écriture italique. une fois fini, il tendit son écrit à ses deux conseillers. Tour à tour, il le lurent.

"Alors ?

-Ca me semble concis, clair. Si on n'a pas de candidature avec ça, la fortune nous tourne le dos.

-La fortune ... C'est un concept trop arbitraire pour qu'on puisse y prêter attention."

Seito croisait les doigts. Il fallait que ça marche. Tout était en oeuvre pour que ce projet soit mené à bien, et vite.

*Ne tardez pas à répondre. On a besoin de vous, ici.*

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Yorurai Mikami
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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyMar 24 Mai 2016 - 1:22

Bâtons de combat enveloppés dans un drap, gourdes vides, vêtements tâchés de sueur, la petite troupe quittait le dojo forestier avoisinant les villages d'Hoori et Hoderi. Ce n'est que lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée du dernier village cité qu'ils remarquèrent l'affiche, encore libre des sévices que la météo allait lui faire subir.

- C'était pas là quand on est parti ça non ?
- Ruhito, attends.

Ruhito, c'était celui qui marchait à la tête du groupe. Sa position avait fait qu'il n'avait pu voir que le reste du groupe s'était arrêté de le suivre. C'est en se retournant d'un quart de tour qu'il vit que Rimate tenait un grand papier entre les mains. Il ne put s'empêcher de s'arrêter un instant sur sa silhouette, alerté par ses formes alléchantes, mais par-dessus tout subjugué par l'aura que cette femme dégageait. Droite, fière, pourtant modeste. Elle faisait parti de celles dont le charme se voulait discret mais incontestable, de celles dont l'esprit triomphait dans ses relations malgré ses multiples atouts. Se satisfaisant de pouvoir marcher en compagnie de ce genre de femme, il remonta le bagage de bô sur ses larges épaules et retourna vers les autres.

- C'est le sceau impérial...
- Non, un sceau Takijin plus exactement.
- Depuis quand tu différencies les papiers administratifs du Shûkai, Yubi' ?
- Je m'intéresse, c'est tout.

Yubito, de son prénom entier. Sa chevelure blonde et courte était sûrement le meilleur témoin du lien de parenté qui l'unissait avec celui qui l'avait questionné et supportait sur son dos l'ensemble des bâtons utilisés pour l'entrainement, (tout aussi bien prêts à l'emploi), à chaque fois, sans jamais rechigner. Tous ensemble ils lurent l'affiche et restèrent un moment silencieux.

- Taki lève une armée... ?
- Je me suis toujours dit que leur seigneur de guerre léchait les bottes de l'empereur. On en a la confirmation.
- Encore une fois tu t'avances trop, Sayure. Les raisons sont sûrement nombreuses...
- Et toi t'es encore là à jouer les vieux sages alors que t'as tout juste trois cheveux blancs qui se courent après, Rumakashi !

Tous deux se sourirent, puis retournèrent leur attention sur le bout de papier au-dessus duquel tous les esprits semblaient à la fois rivés, et flottant sous les feuillages.

- Je sais pas ce que ça cache, mais je n'aime pas voir des Hommes se préparer au combat...
- Et nous, qu'est-ce que nous faisions il n'y a même pas une heure ?
- Nous faisons ça pour assumer notre indépendance, c'est pas pareil !
- Et qu'est-ce qui nous empêche d'utiliser un jour tout ce savoir pour aller faire la guerre ?
- ... ...
- Peut-être que ces gens veulent aussi leur indépendance...

Même s'il n'était pas le seul à ne pas être intervenu, Yubito était sûrement celui que cette histoire et ce dernier échange entre Seifu - un autre garçon d'une vingtaine d'année, comme lui, et surtout un ami proche - et Rimate avait laissé le plus pensif. Les idées égarées par delà la cime des arbres, ses pensées traversèrent le temps pour revenir environ trois ans en arrière.

* *

- Qu'est-ce qui nous prouve que tu agiras dans notre sens ?
- Absolument rien, vous ne pouvez que me faire confiance... Cependant ceci marquera le début d'un nouveau lien que votre génération tissera avec le monde shinobi. Et puis... vous serez en vie pour vous en occuper, n'est-ce pas ?

* *

- Nous ce n'est pas pareil, nous n'avons pas autant de pouvoir. Nous nous contentons de notre échelle.
- Ça n'empêche pas le shuhan d'Itabei et ses hommes d'être dénués de bonnes intentions.
- Ce n'est pas ce que je dis ; toujours est-il qu'il y aura tout un corps armé qui pourrait très bien servir à protéger une ville comme à en piller d'autres selon le bon vouloir du prochain à en prendre les rennes.
- Qui sait à quoi pourraient se livrer leurs hommes une fois livrés à eux-mêmes.
- On en revient encore à la même problématique...
- Les hommes de bien mourront au combat et ceux qui n'auront pas assouvis leur soif formeront des milices qui demain pourront très bien devenir les futurs groupes terror...

* *

- Il y aura toujours des gens plus forts pour s'opposer à nous, et pour le comportement à adopter avec eux... je n'ai toujours pas trouver de réponse. Mais il faut être forts, pour détrôner les incapables qui gouvernent et réétaler la pyramide. Et montrer le bon exemple aux générations futures qui s'inspireront de nous qu'on le veuille ou non.

* *

- Il faut qu'on réponde à cet appel !

Tous se turent, apostrophés par cette subite intervention et la surprise de cette proposition.

- Si on reste à l'écart, on en aura pas fini de se poser des questions et de se morfondre dans la peur que ce qu'il reste de valeurs au shûkai ne soit bafoué ! Tandis que si on y participe, nous au moins nous aurons pu défendre ces valeurs qui nous sont chères.

Il y eut un silence, souligné par la retombée de la brise qui avait soufflée jusque là.

- Et bien pour une fois, tu m'en bouches un coin gamin.

Yubito rougit, effaçant le léger doute qui avait frôlé son faciès. Cette voix avait le don de transformer la moindre des approbations en le plus précieux des compliments. Il secoua néanmoins la tête, se rappelant qu'il sortait avec sa fille.

- Tu sais quoi, je t'accompagne.
- Ah mais si elle y va, j'y vais aussi alors !
- Oublie pas que j'ai déjà quelqu'un dans ma vie, Sayure...
- Peuh ! Si tu savais, tu me fais plus peur que lui.
- Ce qu'il veut te dire c'est qu'il a bien trop de respect pour toi pour tenter quoi que ce soit.
- Ruma' !
- Je vais venir aussi d'ailleurs... ça fait bien trop longtemps que je ne suis pas aller au pays des cascades.

Dit-il sur un ton plus faible en regardant Yubito, trahissant la référence qu'il faisait intérieurement à ses paroles.

- Dommage... je me serais bien essayé à l'enseignement.
- Tu veux y aller, Seifu ? Prends ma place. Ne t'en fais pas, c'est bien que tu y ailles à la mienne. Je m'occuperai de grand-mère pendant ton absence et m'occuperai du jardin. Enfin, si elle me laisse toucher à son arrosoir.
- Merci...

Rumakashi lui fit signe qu'il n'en était rien en clignant calmement des yeux et baissant imperceptiblement la tête. Il trouvait important que son fils se mette à marcher devant lui et sans rien dire, il le laissait faire ce que lui aurait fait, acceptait que ses choix diffèrent parfois et s'en remettaient à son jugement. Tant qu'il ne coupait pas la queue de cheval qu'ils avaient en commun, ça le rassurerait. Déjà que lui avait quelques cheveux grisonnants...

- Bien. Personne d'autre pour la mission à durée indéterminée au pays des cascades ? Je serai le dernier membre, alors. Le mieux serait que l'on parte après-demain, à l'aube. Est-ce que ça va à tout le monde ?

Ils acquiescèrent simultanément d'un signe de la tête. Ruhito demanda tout de même à revoir la fiche et pour qu'il puisse la prendre, son fils se saisit de la charge qu'il avait transporté jusque là. Tous rentrèrent dans Hoderi pour le traditionnel repas post-entrainement. Non pas que ce soit un sévère rituel, mais ç'avait fini par s'imposer comme une suite logique, parfois par groupes éparses qui souvent finissaient par se rejoindre, mais aujourd'hui ils étaient en comité réduit. Nul doute que même s'ils avaient choisi de s'y rendre, le débat était encore loin d'être terminé...

* * *

Quelques jours plus tard, le quintet se présenta à Itabei. Ce fut après avoir demandé à un passant où se trouvait le dojo qu'ils purent se présenter, plusieurs rues et échoppes locales plus loin, à la personne qui semblait la plus à même de pouvoir répondre à leur besoin ; afin qu'eux ne répondent aux leurs.

- Bonjour, monsieur. Voici Rimate, Yubito, Sayure, et Seifu. Je suis Ruhito, et nous arrivons tout juste de Tsuchi. Nous sommes des civils entrainés au combat qui avons eu vent de votre recherche d'enseignant. Nous venons nous mettre à votre disposition.

Dans l'ordre, une femme qui portait à sa ceinture parchemin vierge, encre et pinceau, en plus du bâton de combat que tous avaient. Ensuite venait un jeune blond dont le faciès témoignait d'un certain retrait... à moins que ce ne soit du recul qui ne se mêle à la flamme qui brillait dans son regard ? Puis un homme à la barbe hirsute et au crâne rasé, un regard déterminé et sûr de lui, témoignant d'une certaine clairvoyance que l'expérience lui avait conféré et qui parfois, pouvait lui faire faux bond. Après arrivait un autre jeune homme, brun, une queue de cheval soigneusement tressée à l'arrière de la tête, une flamme dans le regard, peut-être moins fougueuse tant il était depuis tout petit bien plus posé et calme que son camarade qui découvrait petit à petit les avantages de la réflexion précédent l'action ; et Seifu n'y était pas pour rien, bien qu'il ne fut pas le seul. Enfin il y avait Ruhito, figure du chef charismatique, de celui qui n'avait pas besoin de s'imposer, épaules larges, regard bienveillant, difficile pourtant de croire qu'il était du genre à donner des faveurs à tout va.
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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyMer 25 Mai 2016 - 13:06

Seito mit un point final à la phrase qu'il était en train d'écrire, et reposa sa plume en soupirant. Il remplissait de la paperasse depuis des jours déjà, sans y trouver le moindre intérêt. C'était, certes, une tâche nécessaire, mais complètement futile à son sens. A quelles autres tâches bien plus utiles aurait-il pu consacrer toutes ces heures, où il était resté penché sur des piles de formulaires à remplir ou de budgets à approuver ? Tellement de choses demandaient à être régulées et améliorées à Itabei qu'il était presque contre-productif de le charger d'un travail comme celui-ci. Alors qu'il griffonnait, la ville tournait au ralenti, dehors. Derrière les murs de son bureau, les habitants attendaient encore les réformes révolutionnaires qu'il leur avait promises. Il s'en voulait. Que son statut de Shuhan se cantonne à ce genre d'activités, ça le dépassait.

Enfin, il arrivait au bout des formalités. Après une bonne journée, encore, il en aurait fini avec l'administration formelle, et pourrait se concentrer sur la véritable administration de son domaine. Il regrettait de ne pas avoir de reçu de réponse suite à l'annonce qu'il avait fait diffuser dans tout l'Empire, pourtant, quant à sa quête de professeurs. Personne n'était donc disposé à dispenser un enseignement digne de ce nom aux jeunes générations d'Itabei ? C'était une perspective trop improbable pour être envisageable. Il devait forcément exister ne serait-ce qu'une personne intéressée par le poste. Mais qu'attendait-elle pour se faire connaître ?

Sur ces entrefaites, Seito se replongea avec une pointe d'agacement dans ses papiers, croisant les doigts pour avoir bientôt devant lui ceux qui seraient les professeurs d'Itabei.

______________________


"Cinq personnes ? A notre disposition ?

-C'est ce qu'elles ont dit. Voulez-vous les recevoir ?

-Oui, oui, bien sûr. Faites-les patienter en bas, et allez chercher les deux conseillers. Il faut qu'ils soient là."

Le messager s'inclina et descendit les marches menant à l'étage inférieur de la Tour.

Seito trépignait d'impatience. Il aurait presque voulu commencer l'entrevue sans ses deux subordonnés, tant il avait hâte de découvrir ces nouvelles têtes. Oh, comme ils s'étaient fait attendre ! Il avait presque perdu espoir de voir un jour sa requête trouver preneur. Mais ils étaient là, ils n'attendaient qu'à le voir. Merveilleux coup du sort.

Il s'agissait de donner bonne impression, pour eux comme pour lui. Que dirait Tsuchi, siège de l'Empire, pays du Shozaichi, s'il ne se présentait pas en Shuhan convenable ? Il en allait de son honneur et de celui de Taki, donc par extension de Hoheinheim. Il revêtit la veste vert émeraude, habit traditionnel des Shuhan d'Itabei, et s'appuya contre son bureau, attendant.

Comment étaient-ils ? Seraient-ils compétents ? Plus que la milice d'Itabei ? Autant de questions qui se bousculaient dans son esprit, et qu'il aurait préféré pouvoir faire taire. Il savait qu'il était complètement inutile de se torturer l'âme ainsi, mais les interrogations se multipliaient, chacune en entraînant deux autres en une démoniaque réaction en chaîne. Ne pas s'installer dans des préjugés, c'était le principal, il ne cessait de se le répéter. C'était devenu une maxime, presque, pour lui. Oublier au maximum les à priori pour se focaliser sur les faits et uniquement les faits.

Gen et Itaku Michibiku ne tardèrent pas à la rejoindre.

"Alors ? Vous les avez vu ? De quoi ont-ils l'air ?"

Les deux conseillers s'amusèrent de l'anxiété de Seito.

"Ne vous en faites pas. Ils ont l'air de gens très bien.

-Désolé ... Je suis un peu fébrile. On a attendu ça avec impatience.

-C'est bien vrai.

-Faisons en sorte que tout se passe bien, hum ?"

Un simple signe de tête traduisit l'approbation des deux conseillers. Ils s'assirent sur des chaises, de part et d'autre de Seito. Celui-ci fit tinter la clochette posée sur son bureau, invoquant quasi-immédiatement un messager.

"Vous pouvez les faire monter."

Et ils montèrent, d'un même mouvement quatre hommes, une femme. Tous l'air, en effet, d'avoir été entraînés au combat. Seito remarqua les bâtons de combat qu'ils portaient.

Il adressa un sourire chaleureux à ses cinq invités, en ligne devant lui et ses deux conseillers. Appuyé à son bureau, il devait avoir l'air assez désinvolte, mais il ne souhaitait pas être trop formel pour une première rencontre. Il s'agissait, après tout, de trouver des professeurs, pas un bourreau.

"Bienvenue à Itabei. J'espère que vous avez été bien accueillis. Je suis Yôgan Seito, le Shuhan. Allons directement au fait, si ça ne vous gêne pas. J'ai besoin de professeurs pour instruire les jeunesses d'Itabei aux rudiments du combat. Le programme prévu est une session de six mois de service militaire par individu ayant entre dix-sept et dix-neuf ans. J'ai rédigé un texte récapitulatif de tous les points que nous avons prévu, moi-même et mes deux conseillers ici présents, Gen et Itaku Michibiku. D'après ce qu'on m'a dit, vous vous êtes proposés pour les postes de professeurs. Est-ce que vous avez des questions ou remarques avant qu'on aille plus loin ?"

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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyJeu 16 Juin 2016 - 12:53

La quintet monta les escaliers calmement, du moins autant qu'un groupe de cinq personnes qui se connaissaient depuis tout petit et qui se sentaient chez eux partout pouvait le faire. Quelques voix s'élevèrent donc - même un rire, bien que bref - mais l'atmosphère générale demeurait relativement sérieuse. Depuis le début de leur voyage ils se demandaient quelles pourraient bien être les fins prévues à cette armée, et surtout dans quel contexte prenait-elle racine. De quoi serait-elle composée aussi ? De rebuts dont la rage et l'ivresse se devaient d'être canalisées ? De jeunes pré-adultes à qui il manquait le formatage de la discipline et de l'autorité, l'inculcation des valeurs de leur pays afin qu'ils ne le servent à jamais ? Ou de vieux rejetés par les flots cruels de la vie à qui l'on donnait une seconde chance ? Peut-être des jeunes qui verraient l'occasion de découvrir un art martial avant d'aller le mettre à contribution où bon lui semblait...

La porte s'ouvrit et Rimate, Ruhito, son fils Yubito, Seifu, et Sayure entrèrent en groupe avant de se placer naturellement en ligne à distance raisonnable du bureau, face à ce jeune homme qui semblait le fils de la personne responsable.


- Bienvenue à Itabei. J'espère que vous avez été bien accueillis.

Rimate et Ruhito, pour leur capacité naturelle à mener un groupe, hochèrent la tête de concert en fermant paisiblement des yeux, témoignant de leur bien-être pour répondre au jeune homme - qui lui, enchaînait :

- Je suis Yôgan Seito, le Shuhan.

Seifu et Yubito se regardèrent. Ils devaient avoir pratiquement le même âge. Non, de un ou deux ans ils étaient plus vieux que lui. Mais ils ne s'étaient pas trompés en arrivant. Chacun de leur côté et pourtant de la même manière, avaient saisi la lueur au fond des yeux du Yôgan. La même qu'ils se renvoyaient à peine quelques années auparavant, lorsque leur petit groupe multipliait les actions contre l'autorité seigneuriale de Tsuchi.

Les trois plus vieux gardèrent leur réaction pour eux, remettant leur jugement entre les mains du temps qui allait s'écouler en sa compagnie.


- Allons directement au fait, si ça ne vous gêne pas. J'ai besoin de professeurs pour instruire les jeunesses d'Itabei aux rudiments du combat. Le programme prévu est une session de six mois de service militaire par individu ayant entre dix-sept et dix-neuf ans. J'ai rédigé un texte récapitulatif de tous les points que nous avons prévu, moi-même et mes deux conseillers ici présents, Gen et Itaku Michibiku. D'après ce qu'on m'a dit, vous vous êtes proposés pour les postes de professeurs. Est-ce que vous avez des questions ou remarques avant qu'on aille plus loin ?

Il y eut un instant marqué de silence. Tous avaient des questions en fait. Des tas de questions. Et ils savaient que s'ils se lançaient dans la foulée ce serait un vrai charabia. Aussi devaient-ils en faire le tri pour ne pas soumettre le Shuhan à un interrogatoire, puis laisser les autres réponses venir au fil des jours. Finalement, ce fut Sayure - cet homme dégarni à la barbe hirsute - qui fut le plus rapide.

- Nous nous demandions quels étaient les objectifs de cette armée. Tous les jeunes gens de la ville...
- Et seulement d'Itabei d'ailleurs ? Interrompit Rimate avant qu'il ne poursuive.
- ... vont passer par ce service militaire. Bien que nous tenions à tisser des liens forts avec nos voisins nous voudrions comprendre, en toute sincérité, dans quels objectifs s'insèrent la formation de ce service militaire.

Et la messe est dite.
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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyJeu 16 Juin 2016 - 14:30

Les cinq futurs professeurs -du moins Seito l'espérait- semblèrent étonnés du jeune âge du Shuhan. Ils étaient, d'un côté, tous plus vieux que lui, d'au moins un ou deux ans. Il était naturel qu'ils n'aient pas une réaction indifférente. Personne, à Itabei, n'avait été indifférent quand Hoheinheim avait désigné Seito pour succéder au précédent Shuhan. Tout le monde l'avait trouvé trop jeune pour porter cette charge. Il n'avait ni l'expérience, ni l'aval populaire. Seule l'autorité seigneuriale était de son côté. Ce n'était cependant pas suffisant pour conquérir le coeur des foules ... Cependant, en menant à bien quelques menus travaux, notamment d'aménagement de certains espaces et de restauration d'autres, il avait su, petit à petit, se faire une place dans cette société. La ville, qui lui semblait hostile dans ses premiers jours, lui était maintenant familière. Il en avait fait sa ville.

Seito balaya cependant bien vite l'étonnement de ses hôtes de son esprit. Il ne se souciait plus de ces quelques manifestations, sinon pour s'en amuser. Il avait compris de quoi il était capable, et tout le potentiel qu'offrait Itabei. Avec ça, il se sentait capable de réaliser n'importe quel exploit. Y compris remettre la ville sur pieds. Trop de problèmes régnaient encore. Le conflit religieux qui déchirait la population, l'éducation qui laissait à désirer ... Plusieurs points retenaient encore son attention, il s'était donné pour mission de faire de sa cité un point rayonnant de culture et de puissance de l'Empire. Il ne devait pas s'arrêter en si bon chemin. D'autant plus qu'il avait maintenant acquis une certaine place dans le coeur de ses administrés.

Comme il s'y attendait, les visiteurs ne restèrent pas muets. Ils avaient, et c'était amplement naturel, des questions relatives à leur tâche. Mieux valait, en effet, être bien informé de leur charge et des responsabilités qui leur incomberaient avant de s'engager. Et leur première question fut des plus légitimes qui soient. Seito eut un léger sourire, en l'entendant.

"Ne vous en faites pas, le Seigneur de Taki n'est pas en train de monter une armée pour assaillir les pays voisins."

Cette éventualité, sans être prête de se réaliser, n'était pas non plus complètement surréaliste, aux yeux de Seito. Il ne savait rien, ou vraiment pas grand chose de son maître, et ses intentions restaient parfois très floues. Cependant, il avait assuré à son jeune élève qu'il s'agissait d'une manière de protéger l'Empire, et non pas d'assouvir des desseins personnels.

"J'ai reçu l'ordre de monter ce projet de service militaire du Seigneur de Guerre, c'est vrai. Mais c'est dans le but de protéger l'Empire, et non pas de menacer nos voisins, qu'il me l'a confié. Vous n'êtes pas sans savoir les dernières attaques que le Shûkai a eu à souffrir. Les dégâts ont été trop importants pour être ignorés, tant au niveau de l'opinion publique qu'au niveau matériel et humain. Et tout laisse à penser que nous ne sommes pas encore complètement à l'abri d'une récidive. Hoheinheim Van a donc jugé bon de faire participer les civils à la protection du territoire. C'est dans ce but-là qu'a été créé le projet de service militaire. Il s'agit d'entraîner les jeunes générations, et de leur apprendre à se défendre en cas de danger."

Ca, c'était la partie très valorisante pour Hoheinheim de l'entreprise.

"C'est aussi un moyen de recruter des soldats. Si l'on détecte des potentiels particuliers, ou si des participants au service militaire émettent le désir de rejoindre les rangs de l'armée impériale, libre à eux de s'engager. Mais ce n'est pas le but premier de ce projet. Il ne s'agit pas d'une vaste campagne de recrutement, mais d'un plan d'aide aux civils."

Il se tourna ensuite vers la femme qui avait interrompu son camarade.

"A ma connaissance, le projet n'est en cours de développement qu'ici, à Itabei. Mais je pense que Hoheinheim voudra l'étendre le plus vite possible à l'ensemble de Taki no Kuni. Peut être même que l'idée pourrait séduire l'Empereur, qui déciderait alors de l'élever en loi impériale. Mais ça, ça dépasser largement mes compétences."

Il regarda avec attention les cinq prétendants aux postes de professeurs.

"Je serais très heureux que vous acceptiez ce poste. Ce serait un bon moyen de nouer des relations solides entre nos deux pays, et nous savons comme la cohésion est importante au sein du Shûkai. Vos questions sont légitimes, et j'y ai répondu avec autant de sincérité possible. Si vous n'avez pas d'autres questions ..."

Il laissa sa phrase en suspens, attendant d'être interrompu. Il doutait que les interrogations du quintet se limitent à la portée du service militaire.

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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyVen 24 Juin 2016 - 16:32

Les cinq visiteurs écoutèrent le Shuhan sans l'interrompre. L'objectif affiché ne se révélait évidemment pas comme le fruit d'un projet de conquête ou de tout autre dynamique va-t'en-guerre. Mais aux yeux des personnes présentes, ceci restait une possibilité et un virage que n'importe lequel des hommes et femmes formés pourrait prendre. La cible n'existait pas, mais l'arme demeurait et de nombreux exemples historiques rappelait la mauvaise tournure qu'elle pouvait adopter. Le dernier et le plus marquant en date : la formation des villages shinobi. Peu importe ses objectifs c'était un fait, une armée se levait à son tour sur les terres des cascades. Ceci étant dit et à la vue de leur vécu, personne de Rimate, Yubito, Seifu, Sayure et Ruhito ne considère cette action comme une mauvaise chose et une fin en soit. À savoir que des hommes entrainés peuvent aussi se révéler insoumis lorsque les corps censés les protéger ne les encadre plus que de raison.

Car avant tout et comme le Yôgan l'avait rappelé, cette opération restait un plan d'aide au civil et ne manquait pas de rappeler la propre histoire des villages dans lesquels ils ont grandi. Le tournoi inter-civil auquel un shinobi participait tous les ans, étaient restés pendant des décennies et des décennies un moyen pour ce dernier de transmettre son savoir à des populations fragiles vis-à-vis des nombreuses batailles dans lesquelles ils avaient été aspirés. Plus que de leur donner le pouvoir de résister à toute forme d'agression, nouer ce lien avait aussi éloigner les batailles de leurs terres. Une histoire qu'ils ne manqueraient pas de raconter au jeune homme qui leur faisait face afin qu'il apprenne à les connaître et petit à petit ne discerne un peu mieux les intentions les ayant guidé jusque dans son bureau, et bientôt son dojo.

Cependant, et Seitô en vint lui-même à le faire remarquer, ce service militaire frôlait dans ses aspects la silhouette d'une campagne de recrutement. Ils imaginent tous que ce ne sont pas ses intentions, mais encore une fois leur propre histoire leur rappelait la vitesse à laquelle les projets les plus lumineux pouvaient se gâter. Le Shuhan le soulevait de ses mots, ce projet relevait des institutions shûkaijin et pourrait rapidement glisser des mains de celui qui le portait à ce jour ; tous se lancèrent un regard empli de scepticisme quand la possibilité d'une Loi Impériale fut évoquée. Et si jamais ce service militaire devenait une formation intensive et prolongée ? Quelles portes de sorties seraient proposées aux participants ? Serait-il possible de faire demi-tour ? Par-dessus tout, qu'en serait-il de ceux qui voudraient prendre une autre voie que celle des armes ?

Le quintet avait effectivement beaucoup de question, mais il se doutait bien que leur vis-à-vis ne pouvait entrevoir le futur. Pas plus qu'eux. Mais main dans la main, peut-être y avait-il un espoir d'en faire un avenir radieux si ce n'est serein. Au moins seraient-ils capable de le retenir s'il venait à perdre pied sur la pente glissante de la décadence. Les derniers mots du jeune homme témoignèrent néanmoins de la survie de sa pureté et les poussaient à placer une certaine confiance en lui, du moins de l'espoir en leur coopération.


- ... Si vous n'avez pas d'autres questions...

La pièce fut silencieuse un instant, durant lequel les cinq voyageurs se considéraient les uns les autres, lisant au fond des yeux de chacun tout en sachant ce que leur homologue avait dans la tête. Cette communication non-verbale ne perdura pas, et ne restait plus que Ruhito et Rimate. Le premier cligne lentement des paupières en inclinant très légèrement la tête, puis la seconde se tourna vers Seitô avant de reprendre la parole.

- Nous ne doutons pas de l'honnêteté de vos intentions, et souhaiterions vous aider à ce que ce projet puisse devenir l'une des bases d'un futur plus harmonieux pour les peuples des pays alliés. Nous serons ravis d'en apprendre plus... sur le terrain.
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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptySam 25 Juin 2016 - 10:41

Seito sourit, trop soulagé d'avoir enfin trouvé des professeurs pour pouvoir cacher sa joie. Son projet allait enfin pouvoir être mis en oeuvre, comme il l'attendait depuis déjà des semaines. Ces cinq Tshuchijins semblaient eux aussi enthousiastes quand à cette entreprise pour l'instant unique, et paraissaient vouloir se jeter dans le feu de l'action dès à présent. Après un moment de silence, vite rompu par la jeune femme, Seito frappa des mains, se redressa, et attrapa sur son bureau cinq parchemins.

"Ce sont vos ... contrats, en quelque sorte. En tous cas, ça en a la valeur. Pour l'instant, il ne s'agit pas de s'engager sur le long terme. Je vous propose une sorte de période d'essai. Un mois, très exactement, pour que vous puissiez vous familiariser avec le système, voire y apporter des choses qui nous seraient restées invisibles. Au bout de ce mois, vous auriez le choix entre rester à Itabei, et occuper les postes d'instructeurs, ou partir. Dans tous les cas, sachez qu'en signant ces documents, vous ne vous engagez en rien sur une durée supérieure à ce mois. Il vous sera toujours possible de vous rétracter à la fin de cette période d'essai. Je vous laisse lire, maintenant ..."

Pendant que ses hôtes prenaient connaissance des documents, Seito jeta un regard à ses deux conseillers, qui encadraient la scène. Eux deux n'étaient pas du genre expressifs. Ils gardaient le plus souvent un visage neutre. Cependant, le jeune Shuhan crut déceler dans leurs yeux une lueur de ... Qu'est-ce que c'était ? S'ils ressentaient la même chose que lui, en tous cas, c'était un avenir radieux pour la ville qui se présentait à eux. Ce projet, mené à bien, ne serait que le premier d'une longue liste. Il restait beaucoup à faire, Seito n'arrêtait pas de se le répéter. Mais il devait d'abord terminer convenablement ce qui était déjà commencé. Une fois les désirs de Hoheinheim réalisés, il pourrait se consacrer à des tâches plus libres, en quelque sorte.

"Je vous propose maintenant d'aller voir le dojo. Il a été remis en état très récemment, et je n'y ai pas encore mis les pieds. Ce sera l'occasion pour nous tous de le découvrir, ou de le redécouvrir, dans mon cas."

Il invita ses hôtes à descendre les escaliers, et les suivit, précédé par ses deux conseillers. Après être sortis de la Tour, te avoir débouché sur la place principale, le petit groupe se dirigea vers le Sud. Sur leur chemin, les passants se retournaient, se demandant bien qui pouvaient être ces inconnus qui accompagnaient leur Shuhan. Seito n'y faisait plus attention. Il y avait longtemps qu'il avait appris à ignorer les murmures et les regards. En était-il de même pour ses invités ? Il jugea qu'il serait sans doute plus agréable pour eux d'avoir une conversation plutôt que de rester muets face à la masse intriguée.

"Concernant des détails pratiques, nous avons déjà listé les différents individus correspondant aux critères du programme. Nous en sommes, pour cette promotion, à une quarantaine de jeunes. A vous cinq, ça ne devrait pas vous poser de problème, je suppose. La plupart d'entre eux sont des fils ou filles d'agriculteurs, ils entretiennent donc une certaine condition physique. Je pense que vous devriez avoir une bonne base de travail. Pour le reste, vous n'avez pas de programme d'entraînement imposé. Vous êtes libres de leur apprendre ce que vous désirez, du moment que ça reste dans la limite de leurs capacités, bien entendu."

Ils arrivaient devant le dojo. Sa façade, fraîchement retapée, était majestueuse. Seito sortit d'une poche intérieure de sa veste une petite clef d'argent, qu'il fit tourner dans la serrure de la porte. Il invita ensuite ses invités à entrer dans le bâtiment.

Le travail de restauration avait été fait à la perfection. Le plancher, autrefois vermoulu, ne craquait presque plus sous les pieds. Parfaitement ciré, il était de l'apanage des plus grands palais. Les plafonds humides s'étaient transformés en surface nettes, et claires, qui renvoyaient une lumière bienfaisante. La cour intérieure, qui s'était transformée en jungle urbaine, avait été tondue de près. C'était maintenant une large bande de pelouse, sur laquelle on pouvait tout à fait imaginer des élèves s'exercer aux arts martiaux avec leur professeur. Les tatamis des salles avaient également été changés, et des exemplaires neufs remplaçaient les vieux miteux qui occupaient leur place, quelques mois auparavant. Le dojo respirait maintenant le neuf, et semblait prêt à recouvrer une fonction digne de son nom. Seito se dit qu'il ne fallait pas perdre de vue le talent des constructeurs d'Itabei. Il ferait sans doute appel à eux dans le futur, pour un autre projet qui lui tenait à coeur ...

"J'espère que les lieux vous conviennent. Je dois dire que nos travailleurs ont fait un sacré travail. Si vous êtes satisfaits, vous pouvez commencer dans deux jours. Le temps de prévenir les familles, de mettre en place quelques derniers détails ... Si vous le souhaitez, vous pouvez loger ici, ou à Itabei. Des habitations ont été prévues à cet effet. Itabei serait ravie de vous accueillir en son sein, soyez-en sûrs."

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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyMer 13 Juil 2016 - 18:34

Le quintet s'engouffra dans les couloirs du dojo en marchant sur les traces du shuhan, les regard vaquant tout azimut et les oreilles attentivement accrochées à ses mots. Des pancartes prévues pour indiquer des salles destinées à recevoir des cours d'histoire attirèrent l'attention de Yubito qui tira la manche de Seifu pour les lui faire remarquer. Plus tôt, Seitô leur faisait savoir qu'ils seraient libres de l'enseignement à leur donner. Sayure rebondissait alors là-dessus :

- Nous ne pouvons concevoir l'élévation du corps sans élévation de l'esprit. Plus que des entrainements physiques, il faut que nous puissions prendre le temps de partager nos savoirs et nos expériences. Notre pays et nos villages ont connu de nombreux troubles et nous avons pu observer, même au-delà de nos frontières, ce que la plupart d'entre nous jugent comme des absurdités. Pouvoir transmettre les leçons que nous en avons tirés est pour chacun de nous un paramètre qui ne peut être défait de l'enseignement militaire que nous nous apprêtons à donner.

Était-ce une façon de poser une condition sine qua non à leur engagement en tant que professeur ? Aucun d'eux n'était venu pour faire de la figuration et se contenter d'être uniquement un point de relais, l'énième rouage d'une machine qui prendrait les étudiants à la chaîne. Le silence des quatre autres Tsuchijin suffisait à démontrer que ce postulat valait pour chacun d'eux. Ce car sans vouloir l'imposer, cette possibilité ou impossibilité remettrait grandement en cause le choix qu'ils finiraient par faire. Cependant la réponse du Yôgan se fit rapidement positive, un certain enthousiasme trahi par son sourire. La visite des lieux continuait...

- J'espère que les lieux vous conviennent. Je dois dire que nos travailleurs ont fait un sacré travail. Si vous êtes satisfaits, vous pouvez commencer dans deux jours. Le temps de prévenir les familles, de mettre en place quelques derniers détails ... Si vous le souhaitez, vous pouvez loger ici, ou à Itabei. Des habitations ont été prévues à cet effet. Itabei serait ravie de vous accueillir en son sein, soyez-en sûrs.
- Je suis navré de vous couper dans votre élan, Seitô-san, mais nous ne pouvons nous attarder à Itabei. Beaucoup de personnes attendent notre retour à Tsuchi et nos activités actuelles ne peuvent rester ainsi en suspens tant de temps. Rédiger quelques lettres ne suffiront pas, ils nous faut retourner chez nous, mais soyez sûrs que nous reviendrons au plus tôt.

Tous prirent le temps de remercier le shuhan et ses deux conseillers pour leur accueil avant de lentement se retirer, voire d'être raccompagné à la sortie du village, pour enfin reprendre la route dans le sens du retour. Ce ne fut que le lendemain qu'ils arrivèrent au restaurant qui, en plus d'être l'endroit parfait pour s'apaiser et se rassasier, constituait une sorte de quartier général. Yubito y retrouva sa chère et tendre, aussi fille de la femme qui avait fait le trajet avec eux, en compagnie de Mikami et Yô'ken, le forgeron. Chef sortait de la cuisine et y disparaissait à nouveau et aussitôt pour raviver les fourneaux et recevoir les voyageurs comme il se devait.

* * *

Dans la semaine qui suivait, une nouvelle délégation se présentait à Itabei, composée de seulement quatre personnes. Parmi elles, seulement deux visages pouvaient être reconnaissables pour les takijin : le jeune blond répondant au nom de Yubito, ainsi que la femme aux parchemins, Rimate. Entre eux, une jeune brune appelée Dosuna et enfin derrière, se gardant d'intervenir trop hâtivement, le shûkaijin du clan inconnu des Yorurai. Mains croisées derrière le dos, observant le résultat de la renaissance du premier village que Van avait confié aux membres de son équipe, il attendait que l'on vienne à la rencontre de ses amis. Une décision avait été prise collectivement et le Yôgan allait en connaître la réponse.
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MessageSujet: Re: Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire   Itabei, pôle militaire ~ Première étape: Service militaire EmptyMer 20 Juil 2016 - 10:58

Quelques jours s'étaient écoulés depuis que la délégation de Tsuchijins avait quitté Itabei. Depuis, Seito était resté sans nouvelles. Autant dire qu'il commençait à s'inquiéter un brin. Il avait dû investir tellement d'énergie et d'efforts dans la mise à bien de ce projet qu'il déplorait que le résultat qu'il avait fini par avoir n'ait été qu'un faux espoir. Qu'adviendrait-il du service militaire s'il n'y avait pas de professeurs aptes à dispenser un enseignement de qualité ? Il pouvait, certes, se replier sur les soldats de la ville. Mais il s'agissait d'un dernier recours, et il s'était juré de n'y arriver que si toutes les autres solutions qu'il avait pu imaginer étaient irréalisables. Mieux valait attendre, pour l'instant. C'est ce qu'il se répétait, ce qu'on lui répétait -puisque même ses conseillers s'étaient rendu compte de son anxiété grandissante- à longueur de journée.

En plus de ça, Seito se sentait un peu honteux d'avoir trop précipité les choses. Il s'était imaginé qu'en faisant simplement visiter le dojo, l'affaire serait dans la poche. Il avait, en somme, écarté tous les facteurs humains, relationnels et sociaux pour ne plus penser qu'à la finalisation de son projet. Il s'en voulait terriblement. Peut être ce léger écart de conduite avait-il mené au départ des Tsuchijins ? Et si c'était le cas, pouvait-il encore s'attendre à recevoir des nouvelles d'eux, comme ils le lui avaient promis ? Alors que les journées défilaient, une myriade de facteurs pouvant avoir amené le départ des Tsuchijins apparaissaient à Seito. Et chacun n'était qu'une source supplémentaire de nervosité.

Une nuit, la pression était trop grande pour qu'il puisse dormir convenablement. Il avait beau se retourner dans tous les sens possibles sur le sofa qui lui servait de lit, dans son bureau, lors des soirées de travail éternisées, rien n'y faisait. Le sommeil restait inatteignable, et essayer de s'assoupir, c'était comme essayer d'attraper de la fumée. Morphée continuait de s'évanouir dans l'air, sans jamais envoûter Seito de ses charmes. Après quelques heures d'insomnie, le jeune Shuhan se résigna. Le sommeil ne viendrait pas, c'était certain. Il se leva de sa couche, attrapa un long étui de cuir, et monta l'escalier en colimaçon qui menait à la terrasse supérieure de la Tour. Le ciel était dégagé, c'était une nuit parfaite pour l'observation des étoiles. Il ouvrit l'étui pour en sortir une jumelle de bronze de la plus fine facture. D'une main experte, il installa son appareil, et passa le reste de la nuit les yeux plongés dans les étoiles.

Le temps passa alors en vitesse accélérée, et le matin arriva bien plus vite qu'il ne l'aurait souhaité. Quand les premiers rayons du soleil vinrent ternir ses observations, Seito détacha son oeil de la lentille. Il avait encore un peu de temps avant que ses conseillers ne viennent le rejoindre pour résoudre les problèmes de ce jour. Depuis le haut de la Tour, Seito dominait toute la cité. Il la connaissait maintenant comme sa poche, et savait quelles habitudes elle avait dès le matin. Il reconnaissait le pas des marchands ouvrant leur échoppe, celui des taverniers, des soldats, des paysans. Cependant, dans l'embrasure des portes de la ville, il y avait quatre silhouettes qu'il ne reconnaissait pas, et dont la marche était inconnue. Sauf peut être deux d'entre elles.

Le sang de Seito ne fit qu'un tour. Il ne prit même pas la peine de ranger son télescope, et se rua dans la cage d'escalier, qu'il descendit presque en courant, manquant par deux fois de tomber. Il enfila en catastrophe son manteau de Shuhan, sans même prendre la peine de l'attacher correctement, si bien qu'une fois qu'il se mit à courir dans les rues d'Itabei en plein éveil, on pouvait voir comme une traînée verte derrière lui, qui ondulait au grès de sa course. Lorsqu'il arriva finalement près des portes, il était essoufflé, mais affichait un large sourire.

"Vous êtes revenus ! Formidable. Je ne pouvais plus attendre. Et vous êtes accompagnés ?"

En effet, Seito avait remarqué que seulement deux des visages lui étaient familiers. Les deux autres ne lui disaient absolument rien. Il pouvait cependant déduire assez facilement qu'il s'agissait de confrères de Tsuchi no Kuni. Peut être étaient-ils intéressés par le poste de professeurs, eux aussi ?

"Allons à la Tour, nous y serons plus tranquilles pour parler."

Il guida toute cette petite troupe le long de l'allée centrale, qui joignait la Tour et la porte Sud d'Itabei jusqu'à ce qu'ils arrivent au bas du haut monument. Ils grimpèrent d'un pas leste les marches qui menaient au premier étage, le bureau de Seito, et le Shuhan s'assit sur son fauteuil seigneurial.

"Bon ! D'ors et déjà, bienvenue à vous deux. Je suis Yôgan Seito, le Shuhan d'Itabei. C'est moi qui aie fait la connaissance de vos pairs lors de leur précédente visite. D'ailleurs, je m'étonne de ne pas les voir avec vous. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ?"

Seito avait acquis, durant les derniers jours, une vague tendance à la paranoïa, et il ne pouvait que s'imaginer le pire, dans l'état d'anxiété dans lequel il était, alors que plusieurs des éventuels professeurs qu'il avait rencontrés n'étaient pas devant lui, ce matin-là.

"Quoi qu'il en soit, j'imagine que vous avez pris une décision. Je vous écoute."

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