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 [Solo] Tsubaki no Yume

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Natsuno Tsubaki
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Natsuno Tsubaki

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MessageSujet: [Solo] Tsubaki no Yume   [Solo] Tsubaki no Yume EmptyMar 4 Nov 2014 - 21:19



La terre et le ciel étaient rouges du sang qui coulait en rivières torrentielles sur les sentiers des montagnes de Yu No Kuni. Nul ne semblait pouvoir échapper à cet immonde abattoir, dans lequel les hommes étaient tant le bétail que les bourreaux, cherchant à la fois le profit et la mort, donnant de leurs mains la gloire et la déchéance, la victoire et la défaite, le conflit grandissant et la paix qui s'approchait par l'extinction inexorable de l'espèce vengeresse qui était née du feu et des armes dans les volutes sombres des fumées de l'enfer. L'homme ne vivait que pour l'ardeur du combat et la vue, l'odeur, le toucher et le goût du sang de ses victimes, que l'acier de sa lame et la force de ses sorts renvoyaient dans l'abîme dont la race était venue. D'aucun dirait que cette race fut horrible et sotte, mais semblait subsister en son sein encore quelque être doué d'une conscience et d'un cœur, attendant chaque instant la fin du conflit qui prenait tant place dans la rage immortelle et assoiffée à jamais de la communauté. Quelqu'un, qui, pareil aux autres, était né de la Terre et de ses bienfaits, mais qui de sa démarcation montrait l'incroyable variance dont semblait disposer la marge spirituelle de ces fous de pouvoir dont l'esprit s'était depuis longtemps obstrué par l'attirance exaltée de l'or et de la domination. Mais si tous pouvaient être cibles de ces trésors impurs, alors apparaissait-il dans une certaine clémence divine quelque humain que sa nature profonde protégeait des sombres conflits qui lui faisaient face. Mais à ce cœur brave et bienveillant n'avait en rien été réduit la considération du devoir, un devoir envers ceux qui l'avaient élevé et formé, ceux qui l'avaient nourri et logé dans les ténébreuses augures que présageaient les temps de sa naissance. Aussi son nom, qui reflétait en lui-même la douceur et la chaleur, la beauté même parmi toutes les horreurs dont les primates, qui se disaient évolué mais n'en étaient rien, perpétraient au fil inlassable du temps, des années, des siècles, qui voyaient générations et générations perdre vie et amour alors que s'enhardissait la fougue du combat et de la mort, contrastait avec l'horreur qui inspirait aux divins et aux esprits même des vers de crainte et de tristesse, tant par les hommes épargnés par ce temps que les tristes et vaillants, parfois également vils et cruels, tombés au combat sur on ne sait quelle terre isolé de celle où il avait vu la vie et grandit dans l'amour et la crainte de ses parents qui, avant lui, avaient combattu sur les durs champs de bataille des Shinobis.

Ici, tout n'était que poussière, fumée, sang, cri, agonie, maladie, blessure, souffrance, et mort. L'incassable, inébranlable volonté de quelques sots haut placés avait déclenché, tant d'années auparavant que l'humanité elle-même en avait perdu le fil, une épique, incroyable guerre dont l'ampleur inimaginée dans sa conception avait gagné l'ensemble du globe, agissant en ses souhaits et décisions, comme si l'art du combat lui-même avait depuis longtemps déjà imposé sa volonté à l'espèce humaine. Que n'était-il pas de larmes versées sur la terre que le feu ravageait chaque seconde, dévorant tant la douce et aimable nature que les animaux qui faisaient bêtise de s'y aventurer. Le bruit atroce et déchiquetant des explosions résonnait avec force et terreur dans les oreilles des guerriers qui, fiers de leur force et de leurs pouvoirs, ne faisaient qu'attiser le feu vengeur du combat, les armes implacables de la volonté de tuer de chaque homme et femme qui se trouvait sur ce champ de bataille. La Lune, haute, dans le ciel, n'aspirait qu'à fuir cette teinte que les flammes faisaient voler dans les hautes sphères célestes, marquant chaque parcelle des cieux par la couleur écarlate de la vie même de l'espèce génocidaire qui se trouvait dans les sombres contrées de la Terre, dont les ténèbres même naissaient des agissements de ces arts morbides qui faisaient esclaves les éléments naturels, chargés d'aider la vie tant de la faune que de la flore terrestre, céleste et aquatique. Telle était la nature souillée et pervertie au service de l'arme qu'était devenue l’œuvre qu'elle avait modelée auparavant et à qui elle avait octroyé le privilège et le bonheur de l'existence consciente. Sans doute n'aurait-elle pensé qu'à détruire ses croquis si d'aventure elle avait pu observer l'atrocité continuelle que perpétrait sa création. La nature voyait ses corps voler, s'élancer sur les rangs de chaque parti encore debout quoiqu'au sol n'étant pas épargné, ne subsistant pas les règles de pudeur, de justice, d'égalité et de compassion. Si l'honneur était crié et montré à toute allure, en tout lieu et fait, alors dans l'esprit des hommes s'était définitivement éteinte la dernière étincelle de respect envers les pratiques traditionnelles et les valeurs d'antan. La mort courrait elle-même en ces lieux, chargeant telle un cavalier dans les rangs décimant et décimés des soldats shinobis, que le trépas emplissait de fierté, souvent suivi dans son fil par les lourds regrets de la vie terrestre, gâchée par tant et après ces conflits incessants.

Le spectre sortait de terre pour humer le suffocant parfum de l'atroce mandat qui se perpétrait devant sa conscience attristée et révoltée. Elle voyait, percevait, sentait même par l'empathie dont elle faisait preuve les dommages tant physiques que mentaux qu'infligeait chaque action sur ce champ dont l'état approchait de la désertion. Elle ne vit qu'une seule âme qu'elle aurait voulu secourir dans ce maelstrom d'acier et de magie. Son ressentit était si fort qu'elle dut se retenir dans sa propre force, qui, en brisant la barrière du perceptible et de l'insondable, le physique et le spirituel, le vivant et le mort, aurait déchaîné la fureur maternelle de la planète elle-même, n'entraînant que plus dans leur folie mortelle les primates qui lui faisaient face. Car sans commune mesure mortelle était le pouvoir de la Terre-mère. Nul humain ne saurait s'y opposer dans sa majesté et son ampleur, tant et bien qu'elle avait retiré sa conscience du monde physique depuis bien longtemps, plongeant dans les tréfonds du monde spirituel, dans l'oubli des hommes et des bêtes, mais gardant dans la flore un lien total avec la vie concrète. Dans les reculées contrées du temps, avant même l'avènement des humains, les divinités, devant leurs conflits querelleurs et immortels, cette imposante déesse avait décidé, afin de stopper toute bataille, sachant qu'elle ne ferait en rien rendre l'âme à ses enfants, déploya alors son entière conscience et sa puissance inégalée, dans un dernier acte, réduisant toute résistance à néant, renvoyant toute envie de bataille dans les profondeurs des esprits divins d'où elles avaient pris vie. Ce faisant, elle s'était retirée, satisfaite, dans les agréables terres du monde inaltérable, persuadée que nul ne saurait plus troubler la sérénité de ses chairs. Mais tant éprouvante était son erreur que la durée qui séparait les deux périodes de troubles et obscures ténèbres engendrées par les conflits. Comment donc prouver l'innocence de la race humaine dans ce bain, cet océan de meurtre et de sang qui régnait sans possible partage dans ce bas-monde ?

On voyait les kunais voler, les membres quitter leur place, la chair quitter l'os que le tendon lui attribuait, arrachant à son propriétaire des cris ignobles de douleur, de souffrance, de perte, d'agonie, de mort. Le terrain n'en était que plus empli par le nombre d'individus qui tombaient chaque seconde dans cette symphonie de cris et d'appel à l'aide, à la clémence, à la pitié que plus un seul, à présent, ne respectait. Seul comptait dans ce chaos que sa propre victoire et survie, nul ne devait faiblir devant les supplications enfantines que l'on lui présentait sans pour autant obtenir le salut tant espéré. Le monde lui-même tombait dans l'amertume et le désarroi devant la terreur qu'engendrait toute cette horreur, ajoutant à la crainte naturelle du primate la peur de se trouver sa cible. Nulle créature vivante n'était sauve de cette rage qui avait longtemps ravagé le cœur des hommes et qui avait pris d'assaut le corps même de la vie : la Terre.

Le corps flottant avançait doucement, observant chaque visage, qui se retrouverait bientôt dans l'au-delà, dans le monde que l'on qualifiait à tort de souterrain, dans le domaine même, pur et essentiel de la Vie. Chaque face était marquée par un fléau, chacun différant de diverses notions en fonction de l'individu en question, parfois brûlé, attaqué par l'acide, perforé, arraché, liquéfié, et on ne saurait encore qualifier quelle agonie cuisante avait essuyé le pauvre homme d'argile. Tant de vies gâchées, perdues, irrécupérables… Nul ne pouvait se représenter la souffrance que subissait l'esprit à cet instant, nul ne pouvait ressentir le chagrin d'une tante perdant ses neveux et nièces, une fille perdant cousins et cousines, pas plus que l'on ne pouvait voir la Terre consolée de la perte continuelle de ses enfants. Si d'aventure les humains eussent été criminel quant à leurs propres critères, alors tout cela ne serait que le début d'une nouvelle vie plus juste, mais ici, tant de bonté que l'on pouvait partager, tant de gentillesse et d'amour perdue par la sottise de la guerre. Leur seul crime, à eux tous, commun de leurs générations, était leur idiotie. Leur tord était la bêtise, la sottise, l'imbécillité… Alors que la Lune elle-même commençait à perdre pied dans l'océan de l'horizon, une explosion prodigieuse eut lieu.




Tsubaki se redressa en sursaut. Elle ne s'était pas attendue à faire un rêve pareil, et quelques larmes perlaient sur ses joues encore endormies, comme le reste de son visage. Maintenant qu'elle avait cessé de rêver, alors elle comprenait la vraie signification de ce message, si l'on pouvait l'appeler comme tel, car il n'y avait eu aucune volonté dans la transmission de cet événement dans l'esprit de la jeune femme. Elle regarda le plafond de sa chambre et soupira.

« C'est donc ça que tu as dû endurer… »
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