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 Après l'effort, le réconfort. [Yuka]

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Konoha
Hasegawa K. Gin
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Message(#) Sujet: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyDim 21 Avr 2013 - 13:31

« Recommence. »

Mon corps tout entier s’écroulait, martyrisant mes muscles endoloris, fragilisés. Pendant l’espace d’une dizaine de seconde l’entité que j’étais décida de ne pas bouger, profitant totalement du répit accordé, puis fut réanimé par une voix crieuse derrière. Je me redressai très lentement, cet exercice m’avait légèrement fatigué, mais pas totalement, loin de là. Je gardais mon, sabre fermement coincé entre mes doigts, prêt à toute éventualité. L’entraînement. Quelque chose d’assez crucial lorsque l’on cherche à progresser, un temps qui peut varier en fonction de votre motivation ou bien des attentes des autres. J’étais donc aux terrains fait pour ce genre d’activité, accompagné de mon amie qui semblait vouloir me découper les membres. Saaya. Jônin du village de Kiri, petite prodige qui met à mal un grand nombre de ninjas avec ses épées, même moi, malheureusement. C’était assez humiliant, d’autant plus qu’elle était une femme et que théoriquement la force physique m’est avantageuse. Ces préjugés ne sont donc pas confirmés, mon corps souffre d’une dizaine de plaies, parfois grande parfois anodine, mais elles montraient une certaine domination de puissance de la part de la Kunoichi. Je me devais de continuer. M’arrêter à la était assez stupide, elle semblait en pleine forme tandis que je contrôlais le rythme de ma respiration. L’enchaînement que je venais d’exécuter était à la limite du ridicule, mes mouvements étaient lents, peu précis et assez prévisibles. Saaya eut même le temps de riposter tellement je semblais frappé par une faiblesse soudaine.

« Tu es maître de ton arme Gin, si tu ne l’utilise pas correctement, tu ne progresseras jamais. Frappe fort tout en gardant un minimum de finesse, c’est paradoxal, mais c’est ce qui va être le plus efficace. La force physique ne fait pas tout, les coups ont tous des failles, même les meilleurs, il suffit juste de trouver le point parfait pour annuler les forces exercées. Allez, recommence. »

Je m’exécutai. Au fond, elle avait parfaitement raison, c’était très théorique mais c’était juste et la pratique en était le meilleur exemple. Que l’attaque soit horizontale, verticale, en diagonale, il y a toujours un endroit précis qu’il faut savoir repérer et utiliser intélligement. Je m’élançai à nouveau vers elle, laissant ma lame prolonger mon bras pour m’aider dans ma course. Il ne restait à présent plus qu’un mètre entre elle et moi. Je laissais mon art parler. Mes coups gagnèrent en force, aidé par l’élan que j’avais pris, elle arrivait sans mal à parer chacun d’eux mais c’était plus compliqué pour elle. Je ne m’arrêtais pas, ma lame coincidait avec la sienne, de multiples étincelles se créèrent, un choc brutal qui produisait un son strident. Je l’avais touché. Profitant d’une petite faille dans sa défense, ma lame effleura son épaule droite, coupant légèrement sa peau fragile. Après cela je reculai et l’observai pendant un long moment.

« Tu vois, quand tu veux ! Bon, je te laisse, je suis bientôt en retard pour le début de ma mission. On se revoit dans trois jours, peut-être quatre. »

Et elle s’eclipsa. Sans un sourire, sans une bise, rien. Kiri avait fait d’elle une véritable arme de guerre, rien d’autre et elle m’aidait dans le simple but de faire de moi un second atout au village. Quoi de plus étrange. Je ne l’avais pas connu ainsi. Non, Saaya était totalement différente, une personne assez prudente, recroquevillée sur elle-même tout en aimant montrer une joie soudaine, assez bavarde lorsqu’elle sait qui est son interlocuteur. Elle était devenue une tout autre personne et je ne pouvais rien y faire, d’ailleurs, je n’avais pas envie de faire quoi que ce soit...

Mes pensées avaient pris contrôle de mon être si bien que je m’efforçai à supprimer cette emprise. Ma montre m’indiqua douze heures. J’étais presque en retard, moi aussi. Aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres, non. Un peu de repos ne ferait pas de mal, et pour l’or, je devais quelque chose à quelqu’un. J’étais un homme de parole, quelqu’un qui aimait tenir ses promesses et ses engagements. Une certaine Yuka m’avait proposé de l’emmener au restaurant, et je ne pouvais pas refuser. Elle était une personne que j’appréciais beaucoup et qui me surprenait de jour en jour, aussi rares que puissent être ces élus. Je me dirigeai donc rapidement vers mon domicile, prenant une bonne heure pour me préparer, m’adaptant à la situation, puis je m’en alla rapidement, me rendant au point de rendez-vous. Arrivé sur les lieux j’attendis la belle.
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Mitsuharu Yuka
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Message(#) Sujet: Re: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyDim 21 Avr 2013 - 17:43

Yuka ouvre doucement les yeux, et se tourne pour se coller contre sa moitié, qu’elle ne veut pas quitter. Pas ce matin. Pas encore une fois. Ses bras l’amènent contre elle, dans une étreinte chaleureuse. La soirée a été pleine de révélations, toutes aussi douloureuses les unes que les autres. Ce genre de vérités qui assènent de grandes gifles au visage de ceux qui les apprennent. Yuka avait enduré, sans sourciller, sans rien dire, se contentant de fixer son verre, plongée dans le plus horrible des silences. Michiki s’en était allé. Parti loin d’eux. Une raison ? Aucune. Il fallait simplement considérer ça comme une désertion de sa part. Une désertion de son sensei. De celui qu’elle avait toujours admiré depuis leur rencontre. Cela la détruisait, mais la brune s’était contentée de sourire à Yoru, ne laissant rien transparaître. Même s’il lisait clairement en elle et qu’il savait déceler la vérité cachée sous le masque de mensonges. Yuka pousse un petit soupir et se blottit contre son aimé, n’ayant pas le courage de quitter la couverture. Elle se sent bien, ici. Au creux de ses bras, toutes les souffrances que le temps lui jette à la face n’existent plus. Il n’y a plus de douleur, juste une délicieuse ataraxie, qui la transporte dans un monde parallèle, où le Mal n’existe plus. Où plus rien n’existe, il n’y a qu’eux. Ces deux êtres, liés l’un à l’autre par la promesse de rester ensemble à jamais. Un sourire se dessine doucement sur ses lèvres et elle finit par se décider à quitter le cocon. Un petit baiser sur la joue, et l’étreinte se défait, la laissant libre de tous mouvements. Lentement, la brune contemple son Ange avant de se lever.

La journée peut désormais commencer.

Gin l’attend pour aller au restaurant. Habituellement, les restaurants sont synonymes de plaisir, rencontre et bonne humeur. Là, ce ne serait pas pareil. Peu importent les effluves qui ouvrent l’appétit, les sourires du serveur, la démarche gracieuse de la serveuse, les plats finement préparés par les cuisiniers qui régalent les papilles autant que l’estomac … Tout cela n’a plus aucune valeur, il est temps de se réveiller et de mettre au clair tout ce qui a été dit, tout ce qui s’est déroulé dans la soirée de la veille. Même si c’est difficile à admettre, surtout venant de Michiki, Gin est en droit de savoir. Il est aussi apte à savoir que Yuka elle-même. Ils étaient tous deux ses élèves, après tout. Sur cette conclusion, la Mitsuharu exhale un long soupir.

Sa marche est rapide, elle ne s’attarde sur aucun détail. Ce qui l’entoure ne l’intéresse pas du tout. Absolument pas, non. Alors, très vite, elle atteint le point de rendez-vous, voyant un Gin tout frais, tout pimpant, bien habillé, avec un joli sourire. La brune se calme, met un violent coup de pied à ses nerfs qui partent en cacahuète, et décide de se reprendre, doucement, lentement. Un petit sourire peine à s’installer sur ses lèvres, mais une fois qu’il s’y pose, c’est beaucoup plus simple.

    — Bonjour Gin ! Ça faisait longtemps ! Je suis ravie d’te r’voir !

Son sourire s’agrandit, se faisant bien plus naturel, cette fois. Yuka se tourne vers le restaurant et entre, ses yeux scrutant les alentours avec beaucoup d’attention. C’est joli. C’est petit, chaleureux, et les serveurs ont un large ris quand ils s’adressent aux clients. Une musique d’ambiance est lancée, à un niveau plutôt faible pour ne pas tuer les oreilles de tout ce beau monde. Il y a pas mal de personnes installées là. Elles sont toutes ravies, à en voir leurs mines radieuses. Bon, eh bien … Pas le choix. Il va falloir aborder le sujet lentement, sans trop l’intimider, avec un sourire délicat et les bons mots. Il ne mourra pas de cet aveu plutôt particulier, mais sera peut-être aussi surpris que la Mitsuharu elle-même. C’est agaçant, mais certaines choses arrivent sans qu’on ne puisse jamais les arrêter.

Un serveur vient les récupérer, les menant à une petite table pour deux, dans un coin du restaurant. Il repart rapidement, pour suivre les autres clients. On ne dirait pas comme ça, mais à en voir l’affluence, beaucoup de monde semble apprécier les lieux. La nourriture est peut-être bonne, qui sait ? Yuka laisse ses prunelles se balader sur la carte avec envie, en oubliant presque son objectif du jour. Beaucoup de plats lui font de l’œil, l’un plus que les autres. Du curry. Miam. Ses papilles s’éveillent doucement. Elle relève les yeux vers Gin, les prunelles pétillantes de malice. La pilule est passée, ce sera beaucoup plus simple maintenant.

    — Alors ! J’ai appris que tu es désormais un chûnin ! Ça fait plaisir comme nouvelle ! Tu as fait d’autres choses entre-temps, ou alors il ne s’agit que de s’entraîner, encore et encore, pour acquérir plus de puissance ?

Elle lui tire la langue, taquine. La conversation sur les entraînements la gêne légèrement, puisqu’elle repense à son sensei disparu, mais tant pis. Il faut passer à autre chose. Et de toute façon, la situation ne restera pas telle qu’elle indéfiniment, c’est une véritable certitude.
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Message(#) Sujet: Re: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyMar 23 Avr 2013 - 17:49

Elle arrivait. Lentement. D’une démarche mélangeant rapidité et élégance qui m’obligeait à m’attarder sur ce cruel et insignifiant détail. Mes yeux se portèrent alors sur l’ensemble de son corps. Yuka était une belle femme. En soit, ce n’était pas quelque chose que l’on pouvait réfuter et quand bien même c’était le cas, aucun exemple n’était approprié pour émettre une objection. Mais tandis que mes prunelles ne se concentraient que sur son être, je tentais d’arracher le mystère d’un visage caché derrière une multitude d’expressions trompeuses. Elle n’était pas bien. Comment le savais-je ? Je n’en avais pas la moindre idée. Certaines choses sont plus faciles à ressentir que d’autres, en particulier les expressions de visage. De plus, la Belle, je la connaissais assez bien. J’étais membre de son équipe et qui plus est, son principal partenaire, j’avais donc apprit à la cerner un minimum. Là, elle n’était pas du tout dans son assiette, mais elle voulait me faire croire que non, notamment avec des sourires brefs créant de faux signes de joie. Analyser les comportements humains a toujours été quelque chose d’intéressant à mes yeux, savoir quand ils mentent, quand ils sont sincères. Ces études vous permettent d’abord de connaître la vérité du mensonge, mais aussi du caractère en général, de ce qui peut bien se tramer derrière les pensées de chacun. C’est donc un passe-temps plutôt utile en soit, qui permettait de résoudre bien des mystères que les gens s’appréciaient à camoufler.

Nous entrâmes donc dans ledit restaurant, plein à craquer, légèrement ambiancé grâce aux conversations toutes aussi différentes les unes que les autres, par une musique assez faible, pour ne pas gêner les clients. Quelques paires d’yeux se rivèrent sur nous pendant que nous attendions un quelconque hôte. Ce qui fut le cas dans la minute qui suivit. Un serveur vint nous conduire à une table dans le coin de l’enceinte, endroit assez reculé des autres personnes qui créaient un bourdonnement plutôt gênant. Mes doigts accaparent la carte des menus, y posant mes yeux pendant quelques longues secondes. Des mets tous aussi délicieux les uns que les autres s’offraient à nous. Mes pupilles cherchèrent donc le plat idéal parmi cette liste longue. Par moment, je confrontais mes yeux à ceux de mon interlocutrice, je ne savais vraiment pas ce qu’il se passait, mais il y avait quelque chose, j’en étais persuadé. J’avais finalement fait mon choix, et Yuka aussi. Cette fois-ci, elle semblait plus intéressée, plus pétillante, et quelque chose de soudain semblait lui avoir fait fuir le mystère que je tentais de résoudre. D’un côté, c’était plutôt positif, mais rien ne disait qu’elle ne pourrait pas m’en parler durant notre conversation. D’ailleurs, une question me tracasse. Ce repas a-t-il un but particulier ou bien est-ce seulement une quelconque envie de sa part ? Toutes ces questions auraient un sens à un moment ou à un autre, patience est mère de vertu.

Un sujet vint finalement s’installer : celui de ma promotion. Je n’avais pas tant envie d’en parler étant donné la lenteur à laquelle j’évoluais. Être Chûnin à mon âge semblait quelque chose d’assez ridicule. Mais tant pis, il fallait que j’assume ce que j’étais devenu et à la vitesse à laquelle je l'étais devenu. Et puis après tout, c’était parfaitement rattrapable.

« Mais ! Je savais que tu allais m’en parler… J'en suis pas très fier, ma paresse m'a surement écarté d'un poste plus élevé, chose que j'aurais pu avoir si j'avais été plus impliqué... Toi t’es devenue Jônin, m’a-t-on dit, j’en suis très heureux pour toi, je suis tout de même rassuré de savoir que tout le monde n'est pas comme moi ! Et bien, je crois avoir une vie mis à part l’entraînement, enfin je pense, mais il faut dire que ça me prend un temps fou sur mes journées. Et que se passe-t-il de ton côté ? »

Je souriais. Un sourire qui en disait long. Pas celui qui fait de vous le parfait trompeur, non, l'expression totalement sincère, je montrais mes dents blanches à la Kunoichi, vraiment heureux de la revoir. Les missions ont surement été ce qui nous ont « séparé ». Je suis chargé à des ordres de plus en plus compliqué, et donc par conséquent plus longs en terme de temps. D’autant qu’à mes retours, ou peut-être un jour après, je suis souvent sollicité pour une nouvelle tâche, chose que je ne pouvais me permettre de refuser étant donné mon grade et le peu de responsabilité que j’avais au sein de ce village.

« Et Michiki tiens, ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu, tu ne peux pas savoir à quel point mon calendrier est plein ces derniers temps… Il va bien ? »

Il était mon senseï avant tout, une personne que j’admirai et avec lequel j’étais très respectueux, une sorte de modèle pour un ninja comme moi. Peut-être aurait-il été judicieux de l’inviter lui aussi à notre petit repas, lorsque l’équipe est complète, c’est toujours mieux !
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Message(#) Sujet: Re: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyMar 23 Avr 2013 - 20:22

Il l’amuse. Ce petit escargot, qui évolue à son rythme, qui grimpe la montagne à coups d’efforts colossaux, mais qui galère toujours autant à atteindre les étoiles. Quoique. Ce gastéropode s’est désormais extirpé de sa trop petite coquille pour en arborer une plus spacieuse, plus lourde mais plus puissante : Celle d’une tortue. Désormais, il gravit les étapes avec plus de force et un tout petit peu plus rapidement. Cela n’est pas négligeable. Yuka lui tire la langue. Il est mignon, à se plaindre de sa fainéantise. Mais finalement, qui l’a voulu ? Lui, non ? C’est lui qui se terre dans son petit confort et n’ose pas faire mieux. Se contenter d’un acquis, pourquoi pas, mais dans leur monde, cela ne mène nulle part. Ou alors dans un univers statique, où les changements n’existent que dans les rêves. Il ne vit tout de même pas dans un monde figé, si ?

La Mitsuharu détourne alors le regard, gênée que l’on parle de sa propre promotion. Oui, beaucoup de choses sont arrivées. La naissance de l’Akafurêku, ce flocon rouge aux desseins sadiques, n’agissant que pour le bien de son village ; la promotion en tant que Jônin, aux yeux de tous … Tout a évolué. Dans sa vie comme dans Kiri lui-même. Le temps ne s’arrête pas, la vie se poursuit sans jamais vraiment s’arrêter, emportant tout avec elle. Et si jamais on ne la suit pas, elle nous laisse sur le côté. C’est un peu dommage de faire la course, mais ici, personne n’a le choix. Marche ou crève. Yuka a choisi de courir. Ça lui réussit plutôt bien, apparemment. M’enfin, au moins, Gin ne lui fait pas d’énormes louanges, ne soulignant que sa promotion, repassant vite à sa vie personnelle. Les missions, les entraînements, les nouvelles responsabilités … Oui, il évolue. Petit à petit, la tortue se hisse hors de sa coquille. C’est plutôt pas mal.

Le sourire de la sabreuse revient rapidement, lorsqu’il finit par lui demander ce qui se trame dans son existence. Aaaah, elle aurait pu lui déballer un sac gigantesque, tellement plein qu’il s’y serait perdu. Mais elle préfère agir discrètement, alors …

    — Bah, tu sais, la promotion au rang de Jônin incombe beaucoup de choses : toujours être présent, être capable de tout affronter … Mais j’ai aussi évolué de mon côté, en rencontrant de nouvelles personnes … Certaines sont parties, d’autres sont revenues, à mon plus grand étonnement. Enfin voilà, une vie mouvementée sous son apparence tranquille. Je n’ai plus le temps de m’ennuyer, c’est particulièrement plaisant !

Un vrai ris. Pas un rictus. Ce sourire qui vient sur ses lèvres quand elle se sent bien, que son univers arbore des teintes roses, bleues … Des couleurs pastels, reposantes, qui ne brûlent pas les yeux et donnent envie de continuer cette jolie peinture. Pourtant, un événement va bouleverser l’équilibre. Il bouscule tout, déchire la toile, la réduit à néant. Retour à la réalité, pas le temps de s’adapter. Tous les bibelots tombent, les breloques s’entrechoquent. C’est la panique, la panique. Tout va tomber, tout va se détruire, il n’existera plus rien. Plus rien, hormis cet hideux souvenir. Elle baisse les yeux. Il est parti. Oui, il est parti. D’un seul coup. C’est con. C’est chiant. C’est n’importe quoi. Impossible. Faux. Improbable. Et pourtant c’est vrai. Et elle n’a d’autre choix que de l’admettre.

La voix suave du serveur la tire de ses douloureuses rêveries, la précipitant sur Terre sans crier gare. Elle le regarde avec un sourire qui revient directement, comme mécaniquement. Le manège à manipulation est lancé. Yuka ne rêve plus. Yuka est triste, mais personne ne doit le savoir. Alors elle regarde le serveur, et lui explique sa commande, sur une voix parfaitement naturelle, toujours aussi chaleureuse. Mais c’est un mensonge, une réalité aussi épicée que le curry qu’elle attend. Ça lui brûle les lèvres. Lui donne envie de vomir. Lui tord les entrailles. Fait disparaître toute sensation de faim. C’est immonde. Elle relève les yeux.

    — Il … Il est parti. J’ai appris récemment qu’il avait déserté. Il a quitté Kiri, comme ça, sans prévenir, d’un seul coup. Il s’est enfui. Il nous a tous trahis …

Dit comme ça, ça ressemble à une blague. Yuka aimerait au plus haut point que c’en soit une. Mais il n’en est rien. Cette réalité est vraie. Étonnante, invraisemblable, et pourtant. Comme quoi, le moins fidèle des hommes se trouve parfois dans la coquille la plus parfaite. Mais il y a la coquille et l’huître. La coquille est solide, l’huître en elle-même ne l’est pas. Et finalement, ni la Mitsuharu, ni le jeune Hasegawa, ne connaissait vraiment Michiki. Ils n’avaient l’aperçu que de sa folle personnalité, mais ses pensées restaient une masse obscure et incompréhensible. Yuka soupire.

    — Je suis venue pour te dire ça, dans un premier temps et …

Elle s’arrête. Le serveur est revenu et a les plats en mains. L’odeur du curry enivre les sens de Yuka, éveille son appétit. Le voilà de retour, lui. Il aura pas mis longtemps.
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Message(#) Sujet: Re: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyMar 23 Avr 2013 - 21:29

Mon sourire s’effaçait lentement en repensant à ce qui avait été dit précédemment. Yuka était une Jônin. Un grade supérieur au mien autant du point de vue hiérarchique qu’aux capacités au combat. Me lamenter sur mon sort n’était pas très intelligent, mais étant donné que notre vie en tant que serviteur du village a débuté au même moment, je me dois de me sentir assez retardé. Un retard que je me devais de combler, par tous les moyens possibles et envisageables, et elle n’était pas la seule à posséder un tel rang. Au fond, vous devez sans doute le savoir, mais la hiérarchie est quelque chose que je n’accepte pas, en ce monde. Elle s’est imposée comme une auto-proclamation, faisant règne sur chaque village sans exception, même les plus cachés. Tout notre monde tourne autour d’un indice de puissance qui a tant de failles que de vérités. C’est peut-être paradoxal avec l’objectif que je me fixais ces derniers temps, à savoir, atteindre des rangs au-dessus du mien. Mais en soit, cette échelle permettait de reconnaître vos efforts, vos progrès et tout ce qui en suivait. Des responsabilités plus importantes vous étaient accordées en fonction de l’implication que vous mettiez. D’un point de vue autre que celui d’un rapport de puissance, la hiérarchie était une bonne chose. C’était aussi un bon moyen de rivaliser tous les shinobis entre eux, et malheureusement certains prenaient cette compétition trop au sérieux. Je faisais partie de ces personnes-là. Un esprit combatif créé la flamme qui m’oblige à me motiver. Je ne peux pas m’attarder sur des futilités comme celui de rester un si faible combattant. Peut-être que ce changement de grade avait une certaine importance, et bien que je n’en étais pas très fier, j’étais tout de même heureux de ne pas être resté au plus bas de l’échelle. Assez bavardé, là n’était pas le sujet et à mes attentes, Yuka ne renchérissait pas sur ma situation assez proche du ridicule.

Elle se contenta au contraire de me parler du rôle de Jônin, chose qui suscitait un intérêt malgré tout. Ses dires en disaient long. Ce travail n’était pas très facile, extrêmement chargé. L’arme de guerre que vous êtes se fait finalement une bonne place au sein de son village, une place titrée par une méritocratie. Car ce principe de mérite est assez important dans l’acquisition des échelons : rien ne s’obtient au hasard. Tout est animé par les épreuves endurées, les étapes franchies. Plus vous travaillez, plus vos efforts sont reconnus auprès de tous, c’est aussi simple que ça. Après, certains facteurs tendent à vous ralentir. Concernant mon cas, la flemmardise en est un, peut-être le seul. Mais cessons donc de nous intéresser aux grades.

« Plaisant, je n’en doute pas une seule seconde ! »

Yuka rêvait. Comme transportée et affligée à la fois, une sensation étrange me fit donc frissonner. Le serveur arriva quelques secondes après, prêt à prendre nos commandes. Je laissai la belle jouir de l’offre que je m’étais promit de faire tandis que j’eus une hésitation de dernière minute qui me fit choisir le riz accompagné d’un poulet au lieu d’un vulgaire bol de nouille et de crevettes. Ou comment passer de la petite bête innocente à l’animal affamé. La faim commençait à crier en moi.

Les masques tombent, tout se dévoilait malgré les cœurs brisés, tout s’écroulait. Michiki était parti. Tout semblait se stopper autour de moi, comme si ce moment se devait d’être éternellement marqué. Ma conscience me tenait au jus, mais mon âme semblait ailleurs, partie pour un long voyage. Tout s’expliquait donc. Les liens qui me tenaient manipulés se brisaient, le voile se déchira du visage de Yuka. J’aurais vraiment espéré que tout ceci n’était qu’une blague, qu’elle n’avait fait qu’un jeu d’actrice depuis le début, que tout ceci n’avait aucun sens, mais chaque chose s’expliquait, petit à petit. De longues minutes d’absentéisme, d’éternelles secondes qui avaient retiré toute satisfaction d’une partie de mon existence. Mon senseï, celui que j’admirais, à qui j’offrais un respect honorable, un traitre. Déserteur du village de la Brume Sanglante, il nous avait menti depuis le début. Cette manipulation avait été sans précédent, elle me torturait, créant un méli-mélo de tous les sentiments que je pouvais montrer.

« Il est… Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il s’en est-allé, comme ça ? Qu’est-ce qui lui a prit ? Je ne comprends pas… »

Tant d’interrogations se présentèrent à moi, toutes aussi complexes les unes que les autres. Je ne savais pas quoi dire, mon honneur prenait un énorme coup. Nos plats furent servirent très rapidement, mais la faim semble me quitter soudainement, tout se détruisait en moi pour les actes d’une seule personne, Shinda Michiki.

« Et ? »
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Mitsuharu Yuka
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Message(#) Sujet: Re: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyJeu 25 Avr 2013 - 19:20

Tic, tac, tic, tac, crack. Un craquement. Une fissure dans le temps lui-même. Celle qui arrête tout, qui condamne. Le temps se fige. Il pèse sur nos deux partenaires, les écrase de tout son poids. La réalité est douloureuse, elle aplatit tout sur son passage et empêche de se relever. Il faut un courage surprenant pour passer au-dessus d’une trahison. Oublier le goût amer que cela laisse sur la langue et apprendre à vivre avec. Oublier ? C’est un peu trop demander, à ce niveau-là. Surtout pour les deux sabreurs, qui admiraient cet homme et lui vouaient une certaine foi. Celle qu’un élève donne à son mentor aussi naturellement qu’un enfant à son père. Il les dirigeait, prêt à les mener sur des sentiers sinueux pour finalement leur offrir un avenir de puissance et de gloire. Au lieu de ça, Michiki est parti. Il les a laissés seuls, et les voilà désormais à parler de lui, dans ce restaurant chaleureux qui serait désormais marqué par le souvenir d’un départ, le souvenir d’une trahison. Quelque chose qui les bloquerait tous les deux, à jamais.

L’impact de la nouvelle semble être fort sur Gin, qui enchaîne plein de questions, et s’arrête au milieu de sa réflexion. Ça bouscule, ça serre les tripes. C’est comme la peur, sauf que c’est la douleur. Ça fait mal de se dire qu’il n’est plus là et qu’il est parti pour une raison aussi conne. Il n’a prévenu personne. Ça lui donne envie de vomir, pourtant, elle est toujours autant en appétit. Paradoxe. C’est une sensation incompréhensible, qui fonctionne par à-coups : Vous avez mal, puis vous allez mieux. Lorsque vous y repensez, vous plongez. Un peu comme une dépression, mais en beaucoup, beaucoup plus gentil. Yuka ne déprime pas, après tout. Son monde est beau. Il est juste un peu détruit. Comme une falaise qui s’effrite.

Elle relève les yeux et soupire doucement. Après avoir pris une cuillère de son plat – qui est absolument succulent, une vraie merveille – qu’elle déguste lentement, la Mitsuharu finit par répondre au pourquoi du comment.

    — Les raisons nous sont obscures. C’est bien là notre problème. Pourquoi, comment, rien n’est élucidé, il est juste parti. Une désertion, après tout, n’est jamais clamée haut et fort. Mais …

La sabreuse détourne le regard. Si beaucoup s’attendaient à ce qu’elle sache, c’est raté. Yoru lui-même n’a su lui donner de véritables explications au sujet de la désertion de Michiki. Il ne s’agit que d’un départ, sur lequel les deux êtres ne savent absolument rien. Les trois, d’ailleurs, puisque le Mizukage est mêlé à cette histoire. Yuka pousse un petit soupir et repose ses prunelles incarnates sur Gin. Elles brillent d’une lueur nouvelle, un espoir particulier.

    — Mais nous ne pouvons pas laisser cela ainsi. Ce serait comme le laisser partir et abandonner son souvenir. Ce que je ne me résoudrai jamais à faire, même si on m’annonçait quelque chose d’ignoble à son sujet. C’est pourquoi …

Nouvelle phrase coupée en son milieu. Mais Yuka a besoin d’un petit moment de réflexion pour se poser et formuler toutes ses réponses. Elle soupire, reprend une cuillère, mange doucement et, finalement, se reprend.

    — C’est pourquoi je veux que tu m’accompagnes, Gin. Je veux que nous allions sur les traces de Michiki, notre sensei, celui qui s’est évaporé instantanément, sans laisser une seule explication plausible. Je veux que nous le retrouvions, pour répondre à nos questions. Et si jamais il s’agit véritablement d’un traître, nous agirons en conséquence. Je sais, c’est presque impossible, mais qui sait ce qu’il fait vraiment ? Qui connaît les raisons réelles de son départ ? Pas grand monde. Voire personne. Mais les faits sont là, et il faut absolument que nous mettions la main sur lui. Je ne veux pas croire qu’il a quitté Kiri pour s’allier à une troupe de nukenins aux rêves illusoires. Il a forcément une raison. Et je veux savoir laquelle. Étant un membre de la défunte Desu Reikoku, mais aussi étant mon ami comme le sien, je souhaite que nous partions ensemble. Que nous apprenions le pourquoi tous les deux.

Beaucoup de blabla, pour une fois. Voire un peu de redondance, mais les faits sont là. Pas le temps de reprendre une bouchée, que Yuka reprend sa tartine pour y rajouter la dernière couche de confiture.

    — Acceptes-tu ?

Oh. Et sinon. Bon appétit. ~
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyLun 29 Avr 2013 - 11:16

Du bruit. Beaucoup de bruit. Une sorte de bourdonnement qui s’auto-proclamait dans la salle comme si c’était tout à fait normal qu’un brouhaha pareil siège au sein d’un restaurant. Des conversations dont on ne pouvait pas du tout extraire quoi que ce soit. Ajouté à cela des rires en général, de l’énervement parfois, toutes ces sensations qui peuvent venir autant subitement qu’à long terme. De notre côté, ce n’était pas totalement la même chose. Nos visages étaient abattus par un sentiment que nous saurions expliquer, mélange entre tristesse et haine à la fois, une bien triste nouvelle qui n’était pas très bien passée. Tout était porté à nous retirer l’appétit et donc par la même occasion la fonction de ces lieux. La faim qui m’hantait il y a quelques minutes avait totalement disparu, comme par magie. L’harmonie de ce repas était détruite, tout ça à cause d’un seul et même sujet : le renégat Shinda Michiki. Mes poings se serraient, cachés sous la table. Montrer ma colère n’allait surement pas résoudre le problème, au contraire… Cet homme était plus qu’un senseï à mes yeux. Source d’inspiration majeure, il nous motivait en nous noyant sous une vague de promesses qu’il ne pourrait à présent jamais tenir. Tout cela n’avait donc servit à rien, comment savoir ce qui pouvait se cacher derrière ses pensées tordues ? Pourquoi quitter la belle nation qu’était celle des Vagues ? Tout ceci formait un mystère de plus que je me devais de résoudre, comme si j’en avais réellement besoin.

Cette décision n’était pas à prendre à la légère. Jônin du village de la Brume Sanglante, le nécromancien était un puissant shinobi, et le perdre était quelque chose de terrible. Le réel problème était : que ferait-il ensuite ? C’était à présent une potentielle menace pour de nombreux villages, selon ses objectifs. Une désertion, en soit, était un acte très grave. Quitter son village sans aucune raison plausible, sans un mot, sans un bruit. Un acte criminel en somme, oui, c’était parfaitement ce qu’il était devenu, une simple menace. Yuka parlait, animant une rencontre des plus tendues et des plus froides. J’écoutais. Patiemment, ses mots parvenaient à mes sens et les heurtaient, leur offrant des nouvelles toutes aussi marquantes les unes que les autres. Des raisons noires, obscures, sans réel sens à mes yeux.

Mes yeux ne surent où se poser, perdus eux aussi. Les bouchées de mon plat devinrent peu envieuse, amers. Mon interlocutrice continuait à parler, de sa voix attristée par les évènements. Elle avait raison. Nous ne pouvions pas le laisser ainsi, le laisser partir ainsi, sans un mot, c’était absurde. Laisser Michiki suivre tranquillement ses projets sans même se soucier de son ancienne patrie. Nous devions le ramener. Lui faire comprendre que sa place était ici, pas aux côtés de tous ces renégats. Ses phrases devinrent de plus en plus intéressantes au fur et à mesure que Yuka essayait de combattre le bourdonnement ambiant. Et comme je l’imaginais, il fallait agir, agir immédiatement à l’encontre d’un des rares manipulateur de l’Edo Tensei. Une mission allait donc être organisée, et nous étions les acteurs principaux. Chose tout à fait normal et qui ne pouvait susciter un refus de ma part.

« Bien sur que j’accepte… Les raisons de son départ m’intéressent autant qu’à toi. C’est un mystère que je me dois de résoudre à présent, et je ne peux pas l’oublier ainsi, comme s’il n’était rien. J’irais avec toi, où tu iras pour que nous dénichions notre senseï, je ne reculerais devant rien… »

J’étais énormément motivé. Cette nouvelle m’avait complètement abattu. Le Shinda était donc un homme plein de secret, mais pour combien de temps ? Je m’efforçais à croire que tout ceci n’était qu’un rêve, ou même une farce de piètre qualité, ou bien une illusion, mais ce n’était rien, rien de tout cela, c’était la triste réalité auquel nous devions faire face.

« Je suis plus que prêt, nous partons à ton signal. »

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Mitsuharu Yuka
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Message(#) Sujet: Re: Après l'effort, le réconfort. [Yuka] Après l'effort, le réconfort. [Yuka] EmptyLun 6 Mai 2013 - 22:08

Le goût épicé du curry lui brûle désormais les lèvres. Le si délicieux repas tourne au cauchemar, c’est un désastre, malgré toutes les lueurs d’espoirs scintillantes au creux de son cœur. Elle voit la lumière, elle sait que cela ne se finira pas dans un nuage de ténèbres. Sauf que c’est douloureux. La vérité. Le fait de se figurer la réalité telle quelle, de ne pouvoir y échapper. De devoir s’y confronter, puisqu’il n’y a aucune autre issue possible de toute façon. Oui, ça fait mal de voir ce qui est vrai. Mais comment arrêter une machine infernale ? La première erreur commise, une fois connue par les plus concernés, devient un lourd, très lourd fardeau. Une épreuve presque insurmontable, qui contraint à perdre confiance, courage, voire même espoir. Perdre foi en ces personnes que l’on pensait irréprochables. Perdre foi en ceux que l’on idolâtrait. Perdre foi. Il n’y a rien de pire que cela. Mais face à ce torrent de souffrances, de peurs et de désillusions, il y a quelqu’un. Une silhouette. Celle d’un proche, d’un ami. Yuka a confiance en Gin. Mais étrangement, une part de son être se méfie. Craint l’inconnu. Et s’il faisait pareil, à son tour ? Non. Non, c’est impossible. Il ne peut pas agir de la même manière. Pas après avoir accepté de l’accompagner. Il ne partira pas. Pas comme lui.

Yuka dépose sa grande cuillère sur son assiette et pousse un long soupir. Ses prunelles se posent sur Gin. Elles sont insistantes, brûlantes de plusieurs feux différents. Le premier est celui de la peur. Une peur discrète, presque invisible, mais présente. Superposé sur cette première couche, un second incendie fait de véritables ravages. Celui-ci représente la tristesse, rapidement devenue haine envers cette humanité traîtresse, qui ne laisse que des souvenirs, pas de réalités. Et enfin brille un petit éclair d’espoir. Mince, aussi infime que la peur, il ne révèle que d’avenantes ambitions. Noyés sous la haine, la peur et l’espoir semblent disparaître, pour ne laisser que de petites braises, fragiles, faciles à balayer.

    — Très bien. Dans ce cas, nous irons. Et nous ne nous arrêterons devant absolument aucune étape. Nous brûlerons tout ce qui nous gênera. Quitte à mettre ce monde à feu et à sang pour comprendre. Il ne peut s’être volatilisé comme ça. C’est impossible.

C’est ce qu’elle se dit. Mais qui sait ce qui est possible ou ne l’est pas ? Tout semble tellement chamboulé que même Yuka hésite, sur le coup. Elle ferme les yeux, détourne le regard. Et si cette aventure s’avérait plus dangereuse qu’elle ne se l’imagine ? Qui sait ce qu’ils rencontreront en chemin ? Qui sait quel visage de Michiki cela révélera-t-il ? Nul n’a la réponse à ces questions. Et c’est parce que personne ne le sait que tout le monde se casse la tête à chercher un parce que. Mettre la lumière sur l’obscur. Transformer un ciel orageux en un merveilleux Soleil d’été. Difficile, mais pas impossible. Ou presque. Mais qui n’a jamais rêvé de toucher une étoile, même en sachant qu’il ne s’agira jamais que d’un rêve ? Yuka chope sa cuillère à nouveau et prend un peu de riz, tout en récupérant une grosse quantité de sauce. Le courage lui revient.

    — Bientôt, bientôt. Nous partirons dès que le moment sera venu. Mais je te tiendrai au courant, tu peux en être certain.

Nouvelle bouchée. Ce plat reprend toute sa saveur. C’est vraiment délicieux. Un sourire enfantin et quelques petites rougeurs naissent sur ses joues. Elle est presque aux anges. Presque.

    — Pour l’heure, nous sommes censés être au restaurant ! Et le restaurant est un endroit convivial, où deux amis peuvent se voir pour parler et passer un petit temps agréable ! Enfin, j’crois que c’est le but d’un restaurant … Non ?

Yuka penche la tête. Les émotions tristes et désagréables se sont dissipées, il ne reste plus que son habituel caractère enjoué. C’est une enfant. Une petite fille, dans un monde de grands. Projetée trop vite dans un univers sans pitié, plein de crocodiles. Mais étrangement, même dans son petit monde de merveilles, une tache noire persiste. Son visage s’assombrit, elle regarde l’assiette.

    — Non … Je n’y arrive pas. Viens, allons-y. Le temps presse. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Nous ne le pouvons plus. Je t’attends dehors. Après quoi, nous filerons au Palais du Mizukage.

La kunoichi se lève brusquement, laisse son assiette à moitié vide sur la table et quitte le restaurant. Le temps n’a plus le temps. Étrange, n’est-ce pas ? Et pourtant, c’est la triste réalité.
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