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 De part et d'autre des barreaux.

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Konoha
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Message(#) Sujet: De part et d'autre des barreaux. De part et d'autre des barreaux. EmptyJeu 17 Avr 2014 - 20:31

Natsuki n'apprit que le lendemain que l'équipe Matsudaï était revenue de sa traque, et victorieuse qui plus est. Ses étudiants n'avaient pas lésiné sur les efforts, et avaient ramené en plus du traqué deux autres prisonniers, des shinobis combattant aux côtés du Tranchoir Fantôme. Et pas de vie perdue des deux côtés. Ce fut donc le trio au grand complet qui lui raconta le déroulement de cette mission autour d'un repas préparé par ses soins. Ce fut amusant, d'une certaine façon, de découvrir quelques jours plus tard qu'il avait été dans une chambre voisine à celle du Nukenin lorsqu'il était allé à l'hôpital pour faire retirer le plâtre qui immobilisait son bras droit.

Dans la semaine suivante, il en apprit davantage encore, entre autre que le prisonnier s'appelait Katano Yusuke, un ninja déserteur du Village de Kiri. Un nom qu'il avait déjà entendu par le passé... Les descriptions physiques ne correspondaient pas, mais il doutait qu'il puisse s'agir de quelqu'un d'autre que celui qu'il avait à l'esprit. Le plus simple était peut-être de le rencontrer en personne. Non pas par curiosité ou pour le rabaisser, mais parce qu'il pensait que ce jeune homme pouvait lui apporter quelque chose. Un élément de réponse à une grande question.

Pour des raisons qui lui étaient propres, Natsuki attendit le transfert de Yusuke en cellule pour lui rendre visite, bien que les conditions de vie et détention de ce dernier n'allaient pas changer foncièrement par rapport à sa chambre d'hôpital. Mais cela laissa au moins aux deux protagonistes le temps de guérir leurs dernières blessures respectives. C'était la première fois que le Nara tatoué mettait les pieds dans les geôles de Konoha, et même dans une prison en générale, quel qu'en soit le côté duquel l'on pouvait observer les barreaux. Cet endroit était une vraie fournaise, et franchement déprimant pour qui devait y séjourner - ou travailler - . Mais en même temps, il n'avait pas été construit dans le but de plaire à ses occupants, loin de là... Il passa devant plusieurs d'entre elles, vides ou hébergeant des pensionnaires, puis s'arrêta finalement devant celle qu'il cherchait – ou plus précisément, devant celle qui contenait celui qu'il voulait voir en face à face.


« Bonjour Yusuke. »
salua-t-il d'un ton neutre.

C'était bien lui, mais le déserteur avait beaucoup changé depuis leur précédente et unique rencontre, et pas seulement physiquement. Bien évidement, il était impossible de rater l'immense cicatrice qui lui balafrait le visage désormais, et qui descendait probablement plus bas sous ses vêtements. Mais il y avait aussi que chose de différent dans sa posture, son aura, et ses yeux. Une chose était sûre : il ne faisait plus face au même homme que durant la guerre.

Les bras croisés, et à un large pas de la cellule de son interlocuteur, Natsuki s'assura d'avoir son attention. Il poursuivit avec la même expression neutre, de celui qui n'a ni haine ni sympathie à offrir à son prochain.


« Je souhaiterai m'entretenir avec toi. »
débuta-t-il directement dans le vif du sujet sans se perdre en convivialité et mots d'usages. « Cependant, il ne s'agit pas d'un interrogatoire, aussi tu es libre de refuser si ma présence t'indispose, cas dans lequel je te laisserai tranquille sans insister. »

Tourner autour du pot ne servait à rien, et encore moins ici. Surtout que Natsuki n'avait pas oublié devant qui il faisait face, ni les menaces qu'il avait proféré il y a quelques mois devant les Grands Remparts du Village de la Feuille, alors autant éviter de perdre du temps et de ménager l'autre s'il pressentait que le dialogue ne se montrera pas constructif.
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Message(#) Sujet: Re: De part et d'autre des barreaux. De part et d'autre des barreaux. EmptyVen 18 Avr 2014 - 1:18

Il est intéressant de remarquer à quoi l’on peut s’adonner lorsque l’on est enfermé contre son gré dans un lieu que l’on ne peut point quitter. Je n’avais jamais pénétré dans les prisons de Konoha avant ce jour là et de manière générale, je n’avais jamais mis les pieds dans une prison. C’est un lieu étrange, vraiment. Autant de l’extérieur on pourrait se dire que c’est un endroit particulièrement piteux et lugubre. Cependant de l’intérieur, la cellule est comme un havre de paix. Coupé de manière forcé de toutes les pressions extérieurs, on peut enfin se laisser aller au repos et à l’introspection profonde de sa propre personne. Il est d’ailleurs important de se remettre en question. Cela vaut d’ailleurs encore plus lorsque vous entrez en prison. Par définition, si vous vous faites emprisonner c’est que quelque part vous avez merdé et que vous avez pris un mauvais chemin. Mais peut-être aussi que vous n’avez pas merder du tout et que tout votre plan se met petit à petit en exécution. Tout n’est jamais vraiment simple ou vraiment compliqué, nous vivons dans un monde de nuance et il faut s’y habituer.

J’étais assis sur l’unique chaise de ma cellule. En tant qu’épéiste de Kiri je bénéficiais d’un traitement de faveur des geôliers qui consistait en un meuble dont le confort était fort relatif. Néanmoins je ne me plains pas et gardais le regard fixé contre le mur. Incapable d’utiliser mon chakra, je l’aurais pourtant aisément fait exploser en temps normal. Il avait l’air si parfait ce mur, si prompt à la destruction qu’il me tardais d’être enfin libéré de mes chaines pour pouvoir l’exploser de moi-même. Mais allais-je vraiment me libérer un jour ? Oui… j’avais quelque chose derrière la tête et il n’était pas question que je reste dans cette cellule sans rien faire pour le restant de mes jours. Je continuais donc de fixer le mur. Alors, avec mon esprit comme pinceau de me mis à dessiner virtuellement dans ma tête le plan de la prison tel que je la connaissais depuis mes petits allers retours en son seuil. Très vite le mur fut rempli de schémas et d’informations regroupées. Si la poésie m’avait offert un don, c’était bien celui de maintenir une concentration maximale pendant un long moment. Malheureusement j’arrivai rapidement à la fin de mon imagination vagabonde et je dû prendre une photographie mentale du mur avant de pouvoir fermer les yeux et oublier.

Ce jour là, j’avais un léger sentiment de puissance. Vous me direz qu’il est difficile de se sentir puissant lorsqu’on est soi-même entouré de chaine. Vous avez bien raison d’ailleurs mais toujours est-il que ce ressenti emplissait mon corps et me grisais jusque dans mes muscles. J’étais toujours assis sur ma chaise mais cette fois-ci avec une posture plus imposante, plus imposante de respect. Les bras ballotant dans les airs tandis que mes coudes étaient appuyés sur mes cuisses. Je fixais cette fois le mur mais sans rien dessiner à l’intérieur de ma tête. Le fixer me rendait juste moins excité à l’idée de me battre contre quelqu’un. C’est alors que j’entendis les bruits caractéristiques de pas qui s’enchainent. Un homme apparut devant ma cellule, je tournai la tête vers lui et le fixai avec impolitesse. L’homme me salua et connaissait mon nom. Moi pourtant, je ne le connaissais pas son patronyme ! Je ne me laissais cependant pas impressionner et modifiant juste l’angle de ma chaise, je pivotai en direction de mon visiteur. Après tout, une visite est toujours une source de distraction en soi. Le Konohajin(je le reconnu à son bandeau) me rappela alors que ce qui allait suivre n’était pas un interrogatoire et que j’avais tout droit de ne pas répondre ce qui mettrait fin immédiatement à l’entretien. Je fis un large sourire carnassier et je plongeais mes pupilles bleues dans les yeux de mon inconnu du village des feuilles.

-Entretiens donc soldat des feuilles… Comme tu le vois je n’ai pas vraiment une activité plus urgente dans l’immédiat.


Mon ton était un brin arrogant et un peu trop assuré pour un individu derrière les barreau. Clairement, ce ton faisait contraste avec celui de mon interlocuteur... C'était à se demander qui était devant les barreaux et qui était derrière...
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Message(#) Sujet: Re: De part et d'autre des barreaux. De part et d'autre des barreaux. EmptyVen 18 Avr 2014 - 14:19

Natsuki considéra le bandeau à l'effigie de Konoha accroché à sa hanche, puis le retira.

« Je suis venu te voir en tant que simple homme, et non en représentant du Village de la Feuille. »
expliqua-t-il sans changer de ton.

Néanmoins, maintenant que Yusuke lui avait manifesté sa coopération relative dans cette discussion, il jugea nécessaire de se présenter au préalable, afin de débuter sur un pied d'égalité.


« Tu peux m'appeler Natsuki. »


Le Nara tatoué, dont les manches courtes de son haut sombre permettaient de voir une partie des étranges motifs qui bordaient ses bras, resta silencieux un instant et évalua comment amener les choses. Yusuke lui paraissait étrangement sûr de lui, presque comme s'il était satisfait de se retrouver ici, et qu'il tramait quelque chose. Ou alors simplement qu'il cherchait à donner le change. En effet, à quoi bon paraître misérable devant ses geôliers, sinon leur faire plaisir ? Même emprisonné, la fierté d'un Homme aux convictions solides restait difficile à ébranler, et l'on ne la laissait pas se faire piétiner si facilement. Qu'importe, ce n'était pas le sujet qui intéressait Natsuki : que le jeune homme se sente bien ou non dans ses nouveaux quartiers ne changeait rien à l'affaire. Sans détourner les yeux, il lui donna le motif de sa visite.


« Je suis venu aujourd'hui pour te rencontrer car il y a une question que je me pose. Non pas que ton cas en particulier en soit l'élément centrale, mais je pense que quelqu'un dans ta situation pourra m'apporter quelques éléments de réponse. »


Les bras toujours croisés, son bandeau tenu par le centre métallique, Natsuki ménagea un instant de silence. Présenté ainsi, c'était presque comme s'il demandait un service au détenu. D'une certaine façon c'était vrai, il attendait quelque chose de lui, mais pas au point d'avoir quoi que ce soit à lui offrir en retour, si ce n'est la distraction de ce dialogue en lui-même.


« Je souhaiterai que tu m'expliques ce qui pousse un shinobi intègre à sa nation – un Sabreur de Kiri qui plus est – à déserter son Pays. Si ce n'était que cela, je n'aurai pas porté mon attention sur toi : tu n'es pas le seul déserteur au monde. Beaucoup ont décidé d'abandonner leur Village pendant la guerre, car ils la trouvaient stupide, ou ne voyaient aucun intérêt en elle : ils ont préféré laisser derrière eux une nation poussée par cette politique guerrière et s'en retourner à une vie qu'ils mèneront comme ils l'entendront. Pour autant, je doute que ce soit cela dans ton cas. Tu t'es pas mal illustré sur les champs de bataille au nom du Pays de l'Eau, puis du jour au lendemain, nous te retrouvons près de notre Village à menacer de mettre les pays à feu et sang. Ma question est donc : pourquoi ? Ceux qui désertent en général aspirent à plus de tranquillité, ou parce que leur Village ne correspond plus à leurs valeurs personnelles. Mais toi, plutôt que de prendre du retrait vis-à-vis de tout cela, tu as préféré te jeter au cœur même du chaos en y ajoutant ta propre dose. Comme si les agissement de l'Homme Masqué, Kyoshi Rei, ne suffisaient pas. »


Déliant ses bras, Natsuki les posa sur ses hanches, dans une posture plus ouverte.


« Que ce soit lui ou non qui t'es débauché m'importe peu. Ce que j'aimerai comprendre par contre, c'est pourquoi tu as décidé d'abandonner les convictions qui te poussaient à tenir ton sabre au nom de Kiri pour t'aventurer sur cette voie. »


Il y avait une raison pour laquelle il souhaitait savoir cela bien sûr, mais ce n'était en aucun cas par égard pour le prisonnier concerné.
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Message(#) Sujet: Re: De part et d'autre des barreaux. De part et d'autre des barreaux. EmptyVen 18 Avr 2014 - 21:03

Le soldat du village des feuilles ne réagit pas vraiment bien à ma remarque sur son appartenance au pays du feu. Il retira le bandeau frontal qu’il avait sur le bras et le tint dans ses mains. Il ajouta qu’il n’était pas présent en tant que militaire mais bien en tant qu’individu faisant partie de la race humaine : un homme. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas vu de véritable homme que je m’en étonnais un peu. Bien sûr cet étonnement, je le gardai confiner à l’intérieur de ma psyché et ne laissai rien transparaître. Il était toujours plus amusant de ne rien montrer de ce que l’on ressent. On est ainsi constamment sur une table de poker ou de crabs et on laisse son interlocuteur élaborer ses propres conjectures sur la base de donnée erronées.

L’homme se présenta, il s’appelait Natsuki. Inutile de me présenter à mon tour, il connaissait déjà mon nom, je le savais. Un silence pesant s’installa pendant lequel je décrivis des pieds à la tête la personne de mon interlocuteur. Je remarquai ainsi une forte musculature et des tatouages sur les bras qui devaient sans doute se poursuivre sur son torse. Impossible de rater un tel individu si je l’avais un jour rencontré alors comment se faisait-il qu’il éveille en moi comme un sens familier.

Le Konohajin annonça bien vite la couleur en rompant le silence. Il avait une question à me poser. Personnellement, je n’avais jamais été un grand fan des questions mais vu que je n’avais rien de mieux à faire et que cela avait l’air de pouvoir s’avérer amusant, je restais tout ouïe à l’interrogation du soldat du feu. J’aurais pu arrêter l’entretiens immédiatement, j’en avais le pouvoir, mais quelque chose me poussai à rester jusqu’au bout. Et puis, que pouvait-il m’arriver au juste ?

La phrase qui suivit fut longue… beaucoup trop longue. Je crus perdre le fil un instant tant la tirade était allongée sur elle même. Mais au final, je ressortais avec une idée bien précise de ce que le konohajin voulait savoir. Pourquoi j’avais déserté… c’était une bonne question et il était sans doute temps de se la poser. Jusque là, je croyais le savoir mais en y repensant, je me rendis compte que j’avais à présent une nouvelle information. J’avais découvert quelque chose sur ma propre personne et cela me faisait un peu bizarre de faire ainsi face à quelque chose de si évident et pourtant de si subtile…

-D’après les rapports de Kiri, j’ai déserter à cause de la mort de Shord. Deux de vos soldats l’ont abattu pendant la guerre et, toujours d’après les archives de Kiri sur leurs nukenins, j’aurais été traumatisé. Longtemps j’ai cru la même chose et c’est bien pour cela qu’au début de ma carrière de nukenin je ne fis pas trop de vagues. Mais la raison est tout autre en fait… Je viens de m’en rendre compte. Quelque part, on peut dire que ta question à eu l’effet d’un petit déclic et me retrouver ici, cela m’ouvre un peu les yeux sur les raisons de mes choix. Mais tu as raison soldat, je ne suis pas exactement comme tous les autres déserteur…

Je pris une profonde inspiration et regarda à nouveau les pieds de mon interlocuteur. Je me levai alors et me rapprocha de la grille. Mes yeux montèrent jusqu’au visage de Natsuki et je le combattis du regard. Mon ton se fit alors plus enjoué que neutre et un léger sourire se dessina sur mon visage.

-Bien avant que Shord ne meure, il m’arrivait de tourner mal et de péter un boulon comme on dit. Seul ce dernier savait me remettre dans le droit chemin. Mais c’était toujours là, toujours au fond de moi. Cette entité, cette source d’énergie infinie. Comme un passager noire à l’intérieur de moi, je la ressentais de temps à autres et cela donnait toujours lieu à une altercation. Petite à petit le passager se fit plus présent et ce n’est qu’au moment du décès de mon maitre qu’il prit le contrôle. Un flux de noirceur et de haine remplit alors tout mon esprit et je compris alors qui j’étais vraiment. Au fond de moi, bien enfouie derrière l’honneur et la sagesse se cachait depuis toujours la haine et la noirceur. C’est ce que je suis… un démon de haine. C’est pour ça que j’ai quitté le village, pour laisser libre court à ma noirceur. Elle me rend plus fort et pour être honnête, elle me fait me sentir bien ! Je suis cette personne qui fais souffrir et parfois y prend plaisir mais je reste également un peu l’ancien épéiste et c’est bien pour ça que vous n’avez pas tant de cadavres que ça dans vos morgues. Je ne tue pas sans raison comme un simple dégénérer. Je suis un soldat de ma personne soldat du feu ! Je suis le maitre de ma vie et le capitaine de mon destin.

Sans le remarquer, j’avais posé mes mains sur les barreaux et je m’étais rapproché de Natsuki. Plus je m’étais rapproché et plus je chuchotais. La révélation avait été faite et je pouvais enfin m’accepter : Yusuke Katano, l’homme au cœur de cendre…
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Message(#) Sujet: Re: De part et d'autre des barreaux. De part et d'autre des barreaux. EmptySam 19 Avr 2014 - 1:32

Ainsi l'histoire officielle avait retenu que Yusuke avait simplement craqué psychologiquement en perdant son maître durant la guerre. Une hypothèse qu'il concevait lui-même assez mal. N'importe quel shinobi encore vivant en ce bas-monde avait forcément déjà essuyé le décès de proches et d'amis. Perdre ceux à qui l'on tenait faisait partie de l'apprentissage nécessaire au mode de vie qu'ils menaient en tant que ninja. L'on ne se met pas à haïr le monde entier au point de vouloir provoquer sa destruction uniquement pour cette raison, pas en ayant atteint ce niveau d'expérience : beaucoup d'autres seraient comme lui le cas échéant. Il devait y avoir autre chose.

Quelque chose que Yusuke ne sembla prendre conscience que maintenant. Natsuki en doutait, mais c'était sans importance : le sabreur se révéla autant au Nara qu'à lui-même. Une réponse que le tatoué n'apprécia pas beaucoup entendre : ses sourcils se froncèrent. Il se retrouvait dans le discours de l'autre, partageant beaucoup de similitudes avec lui dans ce combat au quotidien qu'il devait mener, de ce flux de noirceur et de haine qui pulse dans le sang, et tente sans relâche de se frayer un chemin jusqu'à la conscience pour enfin prendre le dessus. Natsuki et Yusuke étaient taillés dans le même bois, et c'est justement ce qui déplaisait particulièrement au plus âgé des deux. L'espace d'un instant, il cru même que son interlocuteur était porteur de la même malédiction que lui, mais ce ne pouvait pas être le cas. Ce dernier disait trouver satisfaction dans la haine, or il n'y avait aucun plaisir possible dans ce sentiment. Yusuke se prétendait être un démon, mais il ignorait encore quel était la vraie nature de l'enfer. C'était d'ailleurs quelque chose qu'aucun Homme ne devrait connaître. Il savait de quoi il parlait. Il l'avait vu...

Progressivement, Yusuke s'était rapproché. Natsuki, lui, n'avait toujours pas esquisser le moindre geste, ni quitté des yeux son interlocuteur. Il ne faisait pas que l'écouter : il l'observait aussi. Que ce soit son attitude, sa gestuelle ou son expression faciale, il se montrait attentif autant à ce que son interlocuteur disait qu'à la façon dont il l'exprimait. Et lorsque le sabreur eu terminé, il resta silencieux, analysant mentalement la réponse à la question qu'il lui avait posé. Ainsi, la volonté du Tranchoir Fantôme lui venait selon lui de son sang, c'était dans sa nature même que de vouloir répandre la mort et la destruction. Tout comme cette part de lui-même que Nara n'acceptait pas, et contre laquelle il luttait sans cesse...

De cet entretien, Natsuki avait espéré en apprendre un peu plus sur ce qui poussait une personne d'apparence sans histoire à emprunter la même voie que Yusuke ou Rei, dans l'optique de pouvoir mieux traquer ce genre d'individu, et prévenir la survenue d'événements aussi dramatiques que regrettables comme la précédente guerre. Pour concevoir un monde de paix, il est nécessaire de d'abord connaître la cause de ce qui le pousse dans le sens opposé, et agir en conséquence. Mais était-ce seulement possible, lorsque c'était dans la nature même de l'humain ? Ne dit-on pas très justement que si le Mal existe dans ce monde, il se cache dans le cœur des Hommes ? Plus il vivait, et plus il avait tendance à croire qu'un monde harmonieux ne pouvait exister avec des shinobis le peuplant, tout comme il restait intimement convaincu que sans eux, l'humanité trouvera toujours un nouveau terrain de conflits et des vecteurs de chaos pour l'animer.

Le cas de Yusuke n'en était qu'un parmi tant d'autres, et il ne constituait aucunement une généralité. Pour autant, il gonflait une statistiques, et Natsuki ne recherchait pas plus. Il hocha alors simplement la tête, signifiant qu'il avait bien entendu. L'entretien était terminé, plus rien ne le retenait dans cette prison lugubre. Pourtant, il resta encore, et après un instant de réflexion durant lequel il observa impassible le visage défiguré du prisonnier, il ouvrit la bouche.


« Pouvez-vous me parler des circonstances de la mort de votre Maître ? »


Le passage au vouvoiement était tout ce que Natsuki avait à offrir à Yusuke pour sa coopération. Cependant, ce n'était pas ce que ce dernier avait le plus à relever dans sa question. Pourquoi l'avoir posé d'ailleurs ? A quoi cela avançait le Nara tatoué, sinon remuer une vieille blessure et s'attirer inutilement les foudres de quelqu'un ? Un fardeau en plus à porter, rien d'autre. Mais un fardeau qu'il acceptait. Lorsqu'il s'était battu contre ce duo de Kiri pendant la guerre, il avait été forcé de fuir, emmenant avec lui le corps agonisant de son équipier. Mais avant de quitter les lieux, il avait laissé la folie qu'il essayait de dompter l'envahir en partie et sévèrement blessé l'un de ses deux adversaires, celui qu'il pensait être ce fameux Shord. Il ignorait dans quel état il l'avait laissé, et c'est pourquoi aujourd'hui il désirait le savoir. Il n'avait jamais aimé tuer, jamais prit plaisir à faucher la vie d'autrui, mais il n'avait jamais hésité ni regretté non plus, car il savait que c'était nécessaire, ou jugé comme. C'était un geste qu'il faisait en toute connaissance de cause, en sachant ce que valait une vie, et combien elle était précieuse. C'est pourquoi il avait retenu chacun de ceux qu'il avait assassiné. Peut-être pas leur nom, car souvent il ne les connaissait même pas, mais toujours leur visage, et pour quelle raison. Pour que jamais cet acte ne devienne anodin, une habitude, un geste aussi naturel que respirer, que l'on réalise sans même y penser. Pour ne jamais oublier ce que tuer impliquait. Si Shord était mort de sa main, alors il souhait le savoir. Non pas par égard pour ce dernier, mais par respect du principe pour lequel il abattait son poing.

Pour que ce fardeau qu'il portait soit un sens plutôt qu'une charge.
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Message(#) Sujet: Re: De part et d'autre des barreaux. De part et d'autre des barreaux. EmptySam 19 Avr 2014 - 8:23

C'est une chose de vider son sac à une autre personne mais s’en est une autre que de se demander si l’on a bien fait. Je me souviens particulièrement de ce moment. J’avais terminé de parler et mon interlocuteur resta silencieux quelques instants. Je savais que ces quelques secondes comptaient comme une éternité et que je n’aurai pas pu le sortir de sa torpeur pensive même si j’avais pu lui trancher un bras. Je le regardais donc réfléchir… Je ne me souciais en rien de ce qu’il pouvait bien penser de moi. Si j’avais bel et bien gagné quelque chose en tant que nukenin c’était le droit à être jugé par tous et donc de m’en foutre royalement comme de ma première dent. Non… quelque chose d’autre me titillait l’esprit en revanche. J’examinais la stature de Natsuki avec attention et recherchais le détail. Je me reculais également un peu plus dans ma cellule et plus je faisais de pas en arrière et plus je commençais à entrevoir la vérité. Sa chevelure grisâtre et ces tatouages… Je ne savais plus très bien ce qu’il fallait penser mais toute la personne de Natsuki me criait l’identité d’un individu que je ne parvenais pas à identifier. Me vint alors une idée tandis que ce dernier prenait ses dernières secondes d’intense réflexion. De tous les êtres que je connaissais, il n’y en avait eu qu’une poignée qui s’étaient camouflé et je m’en souvenais très bien. Les souvenirs affluèrent et je compris enfin qui était le fameux Natsuki de Konoha.

Lorsqu’il me posa une nouvelle question concernant la mort de mon Maitre, je compris qu’il était temps de briser la glace. Je fis cependant d’abord semblant d’être touché par la marque de respect en relevant les yeux vers les siens. Je respirai profondément et m’assis de nouveau sur ma chaise. Celle-ci se trouva être plus confortable, plus stable et la puissance me revint alors que mon dos s’allongeait sur le bois supérieur. Je restais dans cette position quelques secondes avant de reprendre, cette fois-ci avec un ton bien différent. Un ton voulant tout dire et insinuant « ose me mentir pour voir ! » :

-Pourquoi me demander les circonstances de la mort de mon maitre alors que s’est vous qui l’avez envoyé dans la tombe ?

Mon regard se fit perçant. Pas haineux, ni colérique, juste perçant. Je savais que j’avais raison et cela me procurait un pouvoir. Je voulais l’entendre dire lui-même qu’il avait bel et bien tué Shord. Personnellement, cela ne m’importait pas plus que cela mais il était sûr que je n’allais pas non plus le plaindre. Sans doute qu’il se justifierait de n’avoir fait que son devoir, d’avoir suivit les ordres. Sans doute qu’il me dirait qu’il n’éprouva aucune fierté à avoir retirer la vie du corps de mon compagnon. Mais quelque chose de plus profond se cachait dans cette conversation. En réalité, et je suis sûr qu’il en avait conscience, si Natsuki n’avait pas tué Shord et bien je ne serais pas dans cette cellule et je combattrais encore sous le drapeau de Kiri. Car même si ma noirceur aurait pu prendre le dessus un jour ou l’autre, Shord aurait toujours été là pour la contenir, la terrasser comme un héro terrasse un dragon et il m’aurait toujours ramener dans le droit chemin. Cela me faisait rire quelque part de savoir que toute notre vie ne dépend parfois que de quelques actions fortuites qui ensembles forment un patchwork destiné à nous perdre jusque dans notre âme.

-Sache néanmoins, soldat du feu que je en t’en veux pas, ce serait même totalement stupide si je le faisais. Quelque part, tu m’as libéré et je suis heureux d’avoir eu affaire à toi au cours de ce combat. Mais que dirais-tu d’une revanche ? Je possède un sort de genjutsu bien particulier pouvant nous plonger toi et moi dans un combat illusoire. L’un de nous pourrait mourir, nous n’en ressortirions que plus vivant. Tu pourrai en sortir à tout moment seon ton désir d’ailleurs. Un simple Kai et l’illusion seraient levés. Mais au moins nous parlerions comme de vrais shinobis et je serais à nouveau en possession de mes sabres l’espace d’un combat. Tu me dois bien ça non ?

Au fond j’aimais assez la perspective. Je possédais en effet un tel sort de genjutsu et il était vrai que l’on en ressortait sans la moindre égratignure. Mais le perdant se voyait vidé de son chakra et totalement épuisé. Ça Natsuki n’avait nullement besoin d’en être informé. J’accentuais donc la pression de mon regard sur lui, je voulais qu’il accepte et qu’il s’abandonne au combat comme je le faisais autrefois. Quelque part, je sentais bien que ça le démangeait. Que peuvent être pénibles les êtres torturés !
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Message(#) Sujet: Re: De part et d'autre des barreaux. De part et d'autre des barreaux. EmptySam 19 Avr 2014 - 12:56

Un éclair passa dans le regard de Yusuke, alors qu'un nouveau déclic s'opéra : il venait de comprendre. Natsuki ignorait comment le sabreur avait cheminé mentalement pour le percer à jour, mais une fois de plus, c'était en définitif sans importance : le résultat était là. Son interlocuteur le mit au défi de lui prétendre le contraire, il coupa alors court à ses élucubrations.

« J'ignorai jusqu'à aujourd'hui qu'il était mort. Je voulais simplement savoir si c'était bien moi. Pour mon propre fardeau. »
avoua-t-il de sa voix dépourvu de vie.

Ni remord, ni plaisir. Il ne nia pas, cela ne rimait à rien. Il soutint simplement le regard pénétrant du déserteur sans ciller. Il n'y avait rien de plus à dire : pas de pardon à demander, pas d'excuse à présenter, pas de justification à fournir. Le monde tournait ainsi, la situation serait exactement la même si les positions étaient inversées. Les secondes s'égrainèrent ainsi, dans le silence. Mais il n'y avait pas besoin de mots pour que les deux hommes puissent se comprendre. Le Nara tatoué entendait parfaitement le fond de la pensée de Yusuke. Était-ce de sa faute si le sabreur était aujourd'hui emprisonné ? Si quand dans ce jour du passé il avait arraché la vie de Shord, il n'avait pas par son geste poussé une boule de neige dans la montagne du destin pour résulter à l'avalanche d'aujourd'hui ? Ses yeux répondirent pour lui : certainement pas. Le balafré pouvait le blâmer autant qu'il le désirait, lui n'était pas responsable de la présence de ce dernier en prison aujourd'hui : il fallait qu'il assume ses propres choix et la portée de ses actes. La mort de Shord pouvait survenir n'importe quand, et par la main de n'importe qui : si quelqu'un d'autre que le Nara l'avait assassiné, cela aurait-il changé la donne pour Yusuke ? Probablement que non, aussi il ne se sentait aucunement responsable du sort du jeune homme. Natsuki était quelqu'un de droit, qui acceptait toujours les conséquences de ses choix et de ses entreprises, mais il était hors de question qu'il porte en plus le fardeau des autres.

Il n'afficha même pas une esquisse de sourire ou de regret à la première remarque qu'il entendit.


« Cela ne vaut probablement rien du tout, mais je vous en veux pas non plus pour avoir tué mon ami ce jour là. »
lâcha-t-il.

Le monde tournait ainsi. C'était horrible, mais il fonctionnait actuellement comme ça et pas autrement. Probablement qu'il ne changera jamais, peu importe les efforts que chacun mettra dedans... La suite par contre ne laissa pas Natsuki de marbre, souligné par ses yeux qui s'étrécir légèrement. Pas de colère, ni de haine, il ne haussa pas le ton, sa voix se teinta simplement de glace, tranchant net aussi sûrement qu'un rasoir affuté le mince lien que Yusuke croyait pouvoir se permettre de tisser avec lui.


« Non Yusuke. Je ne vous dois rien du tout. Ni un combat, ni quoi que ce soit d'autre. Je n'ai rien à prouver, et encore moins à vous. Et si vous vous flattez par vous-même de ce statut, en ce qui me concerne je ne vous accorde aucunement la valeur de '' vrai shinobi '', alors ne me rangez pas dans le même panier que vous. »


Il est vrai que Natsuki partageait des similitudes avec le sabreur, mais ils étaient comme les deux facettes d'une pièce : ils servaient peut-être à la même finalité, mais ils étaient diamétralement opposés par leurs choix et l'intention de leur actions. Ils vivaient dans deux mondes différents, que seule la mince tranche de cette pièce de monnaie reliais : la haine qui brûlait dans leur sang. L'un l'avait accepté, l'autre la reniait, mais elle s'en fichait : elle était là, à attendre son heure.

Cette entrevue était définitivement terminée pour Natsuki. Sans un mot de plus, il prit congé, et se dirigea vers la sortie.
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